Sigmaringen

samedi 7 février 2015
par  sylvain
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Vers Octobre 1944, la famille Hohenzollern est priée de laisser son château familial à disposition du Gouvernement Français en exil. Fidèle à sa patrie (même si l’histoire des Hohenzollern n’est pas uniquement Allemande), le Prince m’a immédiatement demandé de mettre le château et son personnel à disposition du Maréchal, du Président et des Ministres. Et de veiller sur le tout.

C’est ce que j’ai fait, avec dévouement.

Et il en fallut, pour supporter ces groupes de Ministres du, ou plutôt des, gouvernement de Vichy, groupes rancis dans leurs jalousies et leurs haines réciproques que les mauvaises actions commises tout au long de la guerre n’avaient pas réussi à encore satisfaire.

Au début, le plus difficile sût de concilier tous ces égos, en terme de nombre de pièces mises à disposition, en terme d’usage de l’escalier, et même en terme de possibilité de rencontres dans les couloirs, le groupe des "passifs", Ministres outrés d’avoir été dépossédés de leurs bureaux et se refusant à toute activité tant qu’ils n’auraient pas été réintégrés dans leurs privilèges, et le groupe des "actifs", passant leur temps à ourdir des complots secrets et à signer des arrêtés sensés les ramener à l’effectivité du pouvoir.

Et au fil des mois, les conditions de guerre s’intensifiant, la difficulté fût tout simplement de vivre, de trouver à manger, dans une ville de Singmaringen envahie par les Français en exil, tous les chantres Parisiens du Nazismes ayant fuit les reconquises par les armées françaises et américaines.

Heureusement, la vie avec le personnel de ces ministres, tout français qu’ils fussent, était agréable. Au point que des affinités se déclarèrent, comme entre Jeanne Wolfermann, l’intendante du Maréchal, et moi.

Jusqu’à leur départ, la veille de l’arrivée des troupes françaises, Sigmaringen fut un théâtre de pouvoir, mais nous avons réussi à les servir sans prendre parti. Leur départ fût un soulagement, saut pour ce qui concerne Jeanne. Quelques mois plus tard, je fut néanmoins invitée à son mariage, avec un officier du renseignement français. Comme elle.


Commentaires

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samedi 7 mars 2015 à 16h16 - par  sylvain

Au moins, ici, il n’y a pas à chercher de thèse ou de non-dit, il s’agit clairement d’un opus historique, narrant au travers du regard d’un homme Allemand la débâcle du gouvernement de Vichy, hébergé par le reich dans le village de Sigmaringen entre la libération de Vichy et l’entrée des troues alliées en Allemagne.

Je ne connaissais pas cet événement, ni trop cette période, la lecture en est donc intéressante, à défaut d’être agréable.

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