Ce que je sais de Vera Candida

lundi 25 octobre 2010
par  jackie
popularité : 91%

24 ans après, Vera Candida est revenue à Vatapuna, son île natale. Vatapuna qu’elle avait quitté à 15 ans, enceinte, pour la ville : Lahomeria.

Sa grand-mère Rose, ancienne prostituée devenue pêcheuse de poissons volants, était tombée enceinte à un âge où elle ne s’y attendait plus. Rose, cette femme de caractère, maîtresse de son destin, comment avait-elle pu se faire engrosser par ce presqu’impuissant, ce drôle de gigolo, Jeronimo. Lui, le « chetsetter », le flambeur, venu se retirer sur les hauteurs de Vatapuna. Lui qui se croyait tout permis, y compris faire raser la cabane de Rose qui gênait sa vue sur la mer.

Rose enfanta donc d’une fillette, Violette, une fillette malingre, gentille, un peu demeurée. Une fille qui lèvera bien vite ses jupes contre quelques canettes et qui tombera enceinte à son tour, d’une fille, Vera Candida. Incapable de l’élever, cette dernière grandira chez sa grand-mère, Rose.

Mais voilà, Violette est retrouvée morte dans la forêt. Vera Candida, décidée à annoncer à Jeronimo la mort de sa fille, se fait violer par celui-ci, son grand-père donc. Engrossée à son tour, elle sait qu’il lui faut partir de Vatapuna, pour que sa progéniture échappe à ce destin, pour briser cette chaîne.

Elle atterrit à Lahomeria dans un centre pour jeunes mères déshéritées : le Palais des Morues, tenue par une ancienne nazi. Quand un jour débarque un journaliste, défenseur de la cause féminine, Itzaga.


Commentaires

Logo de jackie
jeudi 28 octobre 2010 à 00h17 - par  jackie

Comme dans « Et mon cœur transparent », l’histoire est racontée par la petite voix qui sonne dans la tête des personnages, du fin fond de leurs impressions, de leur ressenti des choses. Une histoire racontée en sourdine, un procédé particulièrement efficace, qui rend le récit de la violence des faits plus doux, néanmoins très puissant. Le vocabulaire est toujours très juste et approprié.

On retrouve aussi le procédé de la géographie imaginaire (ici qque part en Amérique du sud), qui évite à l’auteure d’être trop réaliste dans ses descriptions, sans doute pour mieux se concentrer sur l’histoire, tout le reste étant accessoire, juste là pour la situer dans un contexte.

Ce livre parle de la violence faite aux femmes par les hommes (lot commun des femmes dans ces pays) : le viol, l’inceste, la pédophilie, l’instinct de possession, l’abandon de la progéniture. Et pourtant il raconte aussi à quel point la relation entre un homme et une femme peut-être autrement merveilleuse, tendre, forte. Ça nous parle également des relations mère – fille, en particulier quand elles sont exclusives, sans père.

Il y a des passages magnifiques : celui où Vera Candida découvre ce que c’est que « faire l’amour » avec l’homme qu’elle aime est très émouvant.

Je le reconnaît, j’ai parfois été agacée par ses procédés de narration, et pourtant, à la fin je suis conquise, je reconnais que c’est très fort, oui votre style est très fort Mme Ovaldé. Je sens que ce livre va me poursuivre encore quelque temps.

Site web : procédé efficace