Souriez, vous êtes en Tunisie

samedi 14 novembre 2015
par  sylvain
popularité : 48%

Cela faisait 5 ans que Taoufik, maintenant établi en France et marié à Catherine, jeune mère de deux enfants récemment divorcée, n’était pas revenu en Tunisie pour visiter sa famille.

A son arrivée chez son frère Ibrahim, Taoufik est surpris de trouver sa belle-sœur distante et portant le voile, alors qu’elle était toujours aussi intéressée par les choses affriolantes et était devenue intraitable sur la rigueur des relations sociales.

Quand à Naima, la voisine du dessous maintenant divorcée depuis plusieurs années, et Lëila, la sœur de sa sa belle-sœur, elles semblaient toutes deux peu à l’aise dans cette société, l’une dissimulant une liaison amoureuse derrière un excès de piété, l’autre cherchant à un tel point à quitter la Tunisie qu’elle n’hésite pas à se jeter dans les bras de Taoufik.

Jusqu’à son frère cadet, pourtant si gentil avec ses amis, et n’hésitant pas à fréquenter de temps à autres une prostituée, qui dénonce à la police l’apparente impureté des mœurs de sa voisine du dessous !

De sa fenêtre de chambre, Taoufik découvre les deux visages de la Tunisie : la mosquée, et le commissariat, tous deux en plein essor. Comme le dit la publicité, "Souriez, vous êtes en Tunisie".


Commentaires

Logo de sylvain
samedi 14 novembre 2015 à 15h27 - par  sylvain

Vivre de l’intérieur un pays d’une culture très différente est toujours un plaisir.

Certes, au début de l’opus, le style semble un peu haché, comme si l’auteur avait voulu faire ressortir la difficulté du narrateur à se retrouver dans sa culture qu’il avait quitté depuis de longues années, mais l’histoire devient assez vite fluide, et on se prends à suivre les pérégrination du héros avec beaucoup de plaisir.

ce qui est surprenant d’ailleurs, car ce qu’il raconte est effectivement lourd.

D’abord du fait de la main-mise de la religion sur la société, sur le regard qu’elle impose à chacun de poser sur autrui, un regard de jugement à l’instar de celui de Dieu, d’un Dieu qui ne serait pas miséricorde, mais plutôt jugement dernier et Apocalypse tendance Flamande. Sous l’œil pas réellement bienveillant d’une police quasi toute puissante et habituée à prendre, par précautions, les devants sur l’émergence des fauteurs de trouble.

Ensuite, parce qu’il ne se passe quasiment rien, dans les journées du narrateur. Juste des déambulations dans les rues de Tunis ou d’autres villes, quelques pauses dans des cafés pour observer ceux qui déambulent, mais ni théatre, ni cinéma, ni musées. Un rien peu propice à l’amusement, dans lequel les échanges entre personnes se bornent à des sujets politiquement corrects.

Enfin parce que le sous-jacent des relations entre personnes est d’une tristesse à mourir. Il s’agit en la matière d’être "à son rang", de ne pas déroger, de montrer à l’autre la quantité de respect qu’il ou elle mérite, ni plus ni moins. Une relation sociale basée sur la jalousie et l’envie qu’il convient d’éviter d’exacerber par une juste mesure de l’intérêt que l’on accorde.

Ces trois points sont à l’opposé des valeurs de nos société occidentales, qui pourtant attirent comme des aimants toutes ces populations qui étouffent sous ces boisseaux. Dans le climat actuel, cette lecture ne rends pas optimiste, même si la Tunisie, par son évolution actuelle, montre probablement le bon chemin.

Navigation

Articles de la rubrique

  • Souriez, vous êtes en Tunisie