Vieux, râleur et suicidaire - La vie selon Ove

samedi 19 septembre 2015
par  sylvain
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Ca fait 40 ans qu’il habite là avec Sonja, et ce n’est pas maintenant qu’il va renoncer à son tour du matin, ni à faire respecter l’ordre dans le lotissement. D’abord, lui, quand il a acheté, il n’y avait pas toutes ces maisons, autour. Et donc, avec Rune, ils ont interdit la circulation automobile dans le lotissement.

Alors une voiture avec des nouveaux, en plein milieu de la rue, dont la remorque avait en sus embouti sa boite aux lettres, c’était quand même trop. Un benêt. Même sa femme avait l’air de le trouver benêt, ce grand dadais qui ne savait pas conduire. Elle, enceinte jusqu’aux yeux, elle semblait à peu près sympathique. Pas vraiment idiote, quoi.

Et tout ce petit monde, ça faisait quand même beaucoup de choses dont il fallait s’occuper que pour tout tourne rond. C’est important, pour Ove, que tout tourne rond. Pas comme l’accident de Sonja, ou pire encore, quand ils avaient diagnostiqué son cancer. Çà, c’était la preuve que Dieu n’existait pas, ou alors qu’il était aussi idiot que les hommes en chemise blanche, tous ceux qui pourrissent la vie de leurs semblables juste parce qu’il en ont le privilège.

Finalement, tous ces gens qu’il fallait aider, et tous ceux dont il fallait éviter els nuisances, ça faisait quand même de quoi occuper ses journées. Et oublier un peu le manque de Sonja.


Commentaires

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mardi 29 septembre 2015 à 22h41 - par  sylvain

Rien de génial, mais un livre typique du temps présent : un plaidoyer sur le rôle et l’utilité des anciens dans la société actuelle.

Sur leur rôle de régulateur social, de formateur bougon, exigeant, râleur, mais compétent. J’ai vu sur Arte récemment un film sur le même thème ("sa dernière course").

Dès lors la question qui me vient à l’esprit est la suivante : vers qui est le message, qui doit être convaincu ?

S’agit-il de rappeler aux jeunes générations qu’elle ne sont que parce d’autres furent, et qu’il y a exemple à tirer de ce passé ? Ou pus cyniquement, est-ce un message vers ceux qui ont été, pour les exhorter à continuer à apporter, à ne pas se comporter comme des consommateurs de droits.

Le fait que l’opus comme le film soient issus de pays du Nord (Suédois, Allemand), pays vieillissant, est inquiétant.

Car la suite, ce serait assez "légitimement" de poser l’utilité sociale des anciens comme contrepartie du droit à la retraite. Pour éviter les cohortes de vieillards glauques se rendant dans les pays de misère ou le sexe d’une jeune beauté s’achète pour quelques euros, ou autres comportements de nantis socialement et environnementalement difficile à justifier en nos temps de crise économique.

Sauf que le chômage de la retraite (au sens de l’absence de droit), c’est la condamnation à la mort. Mais il est certain que la question du droit à la retraite perçu aujourd’hui en termes uniquement économique (avec les difficulté que l’on sait), va obligatoirement s’étendre.

Sale temps pour les vieux. Merde, je ne suis plus tout jeune !

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