Les enfants de Darwin

jeudi 14 février 2008
par  sylvain
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Les scientifiques n’ont toujours pas expliqué les raisons et mécanismes de l’évolution qui ont créé les enfants de SHEVA. Les politiques n’ont pas réussi à rassurer les humains "normaux", ni à les guider vers une acceptation de cette nouvelle réalité.

Pire, certains politiques, certains scientifiques, se servent de cette opportunité pour assoir ou développer leur pouvoir. Les enfants de SHEVA sont enfermés dans des centres spécialisés, coupés du monde des adultes, étudiés avec défiance. Mais ils survivent.

Stella, la fille de Kaye et Mitch (voire l’échelle de Darwin) a maintenant 12 ans. Elle vit encore avec ses parents, Kaye bénéficiant d’une sympathie haut placée.

Mais un mal étrange se met à frapper ces enfants. Une maladie bénigne pour les humains est devenue mortelle pour ces nouveaux êtres. C’est la panique, cette maladie, et ces évolutions potentielles avive les haines : les Shevites, nouveau nom de ces enfants, sont placés en quarantaine, étudié comme du bétail, et dans certains états, supprimés au nom du principe de précaution. Stella est arrêtée et placée dans un camp, loin de sa famille...

Stella a maintenant 14 ans, la situation évolue doucement. Il n’y a pas eu de nouvelles maladies des enfants, mais certaines mères d’enfants Shevites développent des symptôme déroutants. Mitch a fait de la prison, pour s’être violemment opposé à la détention de sa fille. Lui et Kaye se sont séparés pour chercher chacun de son côté à améliorer le sort des enfants.

Même si les nouveaux enfants semblent inofensifs, la méfiance à leur égard se renforce chez certains scientifiques et les politiques. Pour les premiers parce-que cela leur permet de justifier d’énormes projets de recherche, pour les autres parce-que cela permet d’être réélu.

Stella a maintenant 18 ans. La défiance des institutions envers les shevites a atteint un tel point qu’un renversement en devient possible. Et quelques grains de sable, quelques découvertes scientifiques arrivant au bon moment permettent de renverser l’opinion publique. Une vie commune, entre humains et nouveaux humains semble devenir possible...


Commentaires

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jeudi 14 février 2008 à 22h31 - par  sylvain

D’abord, il faut convenir que c’est un super livre.

Bien écrit (quel style), bien organisé (quelle histoire), bien renseigné (on sait tout sur les virus, les bactéries...), et ma fois bien agréable à lire.

La dérision envers les scientifiques pontifiants, les politiques aveugles et obnubilés par des principes idiots est très bien faite. Et bien sûr, une américaine avec la tête bien faite, de l’énergie et beaucoup d’amour (pour sa fille et son mari) va aider à tout renverser. Mais ça reste crédible.

Et les quelques essais de langage des enfants sont amusant. Création de nouveaux mots, de nouveaux concepts, de nouvelles façon de parler. Echanges d’émotions, de tranches de vies, et sûrement de beaucoup plus, par des odeurs, des touchers, des phéromones.

Le (léger) malaise ne vient absolument pas d’un manque de qualité littéraire de cet ouvrage. Peut être que ce sont deux faits un peu nouveau dans l’univers (pour ce que j’en connais) de G. Bear, qui m’ont déçu.

D’abord, il s’agit de la suite de l’échelle de Darwin. Autant le fait générateur était effectivement nouveau dans le premier opus, autant là, il ne s’agit finalement que de l’exposé des conséquences sociologiques du premier.

On craint, on enferme. On craint encore plus, on extermine. Et puis on a honte. Manquerait plus qu’on donne la Judée aux enfants de Sheva pour retrouver finalement des situations qui n’ont rien de fictions...

Donc, en premier lieu, même si l’exposé scientifique est prégnant, il ne s’agit pas de fiction au sens d’une nouveauté scientifique. Plutôt (et ce n’est pas si mal) d’une analyse des relations entre entre un monde scientifique dépassé par les évènements, un monde politique ayant perdu le sens moral, et une monde civil qui ne sait plus à quel saint se vouer. En ce sens, ce livre est plus une illustration de données sociologique que de la SF. Même s’il parle constamment de science, et beaucoup mieux que énormément de livres d’autres auteurs (vous n’aurez pas les noms).

Par ailleurs, G. Bear a introduit dans cet opus l’idée d’un contact mystique entre Kaye et une puissance supérieure. Au début, je pensais qu’au fil des pages, on verrait naitre une sorte d’organisme collectif (les enfants ensemble) pouvant faire sentir sa force et sa générosité à quelques humains évolués. Mais non. Et même, les dernières pages contiennent une note de l’auteur qui traite de cette "épiphanie". Je n’ai pas compris. Peut être n’y a-t-il rien à comprendre, justement, mais je n’ai pas trouvé cela utile.

Mais lisez le, hein. Il est trop top.

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