La mise à nu des époux Ransome

vendredi 5 avril 2013
par  jackie
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Monsieur et Madame Ransome vivent dans un immeuble bourgeois de Londres. Ils ont une vie très rangée, Monsieur est Avoué, Madame est à la maison et leur seule passion c’est l’opéra, et Mozart en particulier.

Un soir en rentrant de l’opéra, M. et Mme Ransome retrouvent leur appartement totalement vidé, du sol au plafond. Un curieux cambriolage tout de même au point d’enlever la moquette, les appliques, la gazinière.

D’abord effondrée, Madame Ransome prend les choses en mains et commence à prendre goût au contact avec l’extérieur, à ses visites chez l’épicier Pakistannais ou aux visites de cet inspecteur grossier. Autant de gens extravagants et de situations nouvelles qui bousculent ses habitudes. Elle se prend à rêver à une vie nouvelle. Et se rend compte que ses meubles et son service de table ne lui manquent aucunement, d’ailleurs ils ne reçoivent jamais.

Pour Monsieur Rnasome c’est une autre histoire, il cherche les coupables, et veut récupérer ses bien. Le seul point positif qu’il y voit c’est qu’il va pouvoir s’acheter une chaîne hifi dernier cri pour écouter des enregistrements de Mozart.

Ce qui est certain c’est que la vie de ce couple coincé s’en trouve ébranlée


Commentaires

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vendredi 5 avril 2013 à 22h50 - par  sylvain

C’est amusant, que tu n’aies pas aimé. Moi, j’ai trouvé cela tout à fait désopilant (humour british, quand même, on ne se roule pas par terre).

Au delà de ce simple couple, il y a aussi une sorte de satire de ce qu’est devenue la société britannique : une juxtaposition de solitudes, illustrée par le peu qu’on sait de l’extérieur (rien, si ce n’est qu’au travail, M. Ransome n’a aucune relation avec ses collégues, qui le lui rendent bien), et par l’a raison de ce déménagement : la folie d’un homme riche qui a vécu quelques temps avec une femme riche.

Avec une sorte d’apothéose du burlesque au moment du décès du mari : tué par la musique qu’il écoutait pour s’isoler de tout contact avec les êtres humains. On imagine, en plus grand, des geysers de sang à l’écoute de Pomp & Circumstances, au Royal Albert Hall...

Cette capacité d’auto-dérision, de mise en exergue de ses défauts, est quand même un côté sympathique de nos voisins d’outre manche.
Et raconté comme ça, c’est GIBI à souhait, et ça fait du bien.

Je lirais bien les autres, pour voir.

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vendredi 5 avril 2013 à 22h35 - par  jackie

Il s’agit d’une critique sociale très croustillante d’une certaine frange de la société Britanique. On a l’impression qu’ils vivent dans les années 50, pourtant ce roman a été écrit en 2000. Cet homme et cette femme ne se parlent plus depuis des années, leur vie est réglée comme du papier à musique. Ils sont totalement scélorosés dans leurs conventions, ils ne sont plus que l’apparence d’eux même, d’un couple bourgeois et snob.

Ce cambriolage leur donne une occasion inespérée de renouer une véritable relation, mais en sont-ils capables ? Madame, oui, Monsieur, non, malgré toute la tendresse qu’elle porte à son époux, malgré la main tendue. Incapable de se libérer de ce carcan, au fond sécurisant, il perd pied.

C’est à la fois drôle et très tendre, mais tout de même très british. Un peu ça va, moi ça m’écoeure un peu tout de même, un peu comme la clotted cream qu’on mange avec les sconse. On est ravi d’en manger un, mais un par an ça suffit.

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