Ritournelle de la faim

lundi 31 mai 2010
par  jackie
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Ethel grandit dans une famille bourgeoise d’origine Mauricienne. On est avant-guerre, années 30. Ses parents tiennent « salon » chaque dimanche. Ils y reçoivent la diaspora Mauricienne, des Français aussi. On parle politique, actualités, on refait le monde. On évoque des souvenirs de Maurice. Ethel observe, écoute, sur les genoux d’Alexandre Brun, son père. Petite, elle apprécie ces après-midi animés. Il y aussi M. Soliman, son grand-père d’adoption, qui l’emmène se promener. Emigré lui aussi de Maurice, il dédaigne ses compatriotes, et Alexandre en particulier. Au collège elle rencontre Xenia, émigrée, issue d’une famille russe. Extrêmement pauvre, elle garde dans son regard gris, la fierté de ses nobles origines – comtesse Chavirov.

Peu à peu la situation financière de ses parents se dégrade. A sa mort, M. Soliman lèguera tout à Ethel, pour la protéger. Héritage sur lequel son père fera main basse. Ethel réalise brutalement la gravité de la situation : elle a à peine 15 ans quand elle prend la direction du chantier d’un immeuble, investissement de la dernière chance. Elle découvre les investissements frauduleux, les titres factices de son père : tout lui revient alors, tous ces margoulins, ces bonimenteurs qui fréquentaient assidûment le « salon ». Ses parents lâchent prise, c’est à elle de se battre, de les prendre en charge. Malgré toute son énergie, la chute est inexorable, c’est la ruine. Puis la guerre, l’exode dans le Sud où ils connaissent la faim, le dénuement, l’attente, l’enfermement dans cette zone occupée. Ethel restera debout, assumera ses parents jusqu’à la fin de la guerre.

Enfin elle retrouve Laurent Feld, ami de toujours, avec qui elle se mariera.


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Commentaires

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lundi 31 mai 2010 à 22h52 - par  jackie

Le style est très élégant, le vocabulaire recherché. Un style un peu suranné, qui sied bien au contexte, à cette tribu bourgeoise, décadente, qui s’accroche à un passé révolu, aux gloires passées.

Dès le début on perçoit qu’Alexandre n’a pas la stature d’un père : j’ai dû relire 2 fois le passage pour m’assurer que son père et Alexandre étaient une seule et même personne.

Et la chute, implacable, vertigineuse. Une chute dont on perçoit l’imminence dès le début du livre.

Ethel devient adulte brutalement à l’âge où d’autres entrent à peine dans l’adolescence. Qui plus est les rôles sont renversés, elle prend ses parents sous tutelle. On admire son intelligence, son énergie, sa persévérence, son instinct. Sa seule faiblesse, Xenia, qui exercera une fascination et une emprise sur elle pendant son adolescence.

Encore une fois j’ai « essayé » un Le Clézio. Je persévère, et encore une fois, pas emballée. Il n’en reste pas moins que c’est bien écrit, mais sans doute que je n’arrive pas à percevoir toute la profondeur des ses livres.

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