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jeudi 11 octobre 2012
par  jackie
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Franck Money se sauve d’un hôpital psychiatrique où il est détenu pour secourir sa sœur, Cee qui semble très mal en point, à l’autre bout des Etats-Unis.

Tous jeunes, ils ont été expulsés avec leurs parents de leurs terres au Texas par des hommes "avec et sans cagoules". Réfugiés chez leurs grands-parents à Lotus, sa petite sœur est à la fois maltraitée par sa grand-mère et délaissée par des parents, harassés de travail au champs du matin au soir. C’est donc Franck qui l’a protégée, élevée, soignée.

La violence, les meurtres, font partie de l’histoire de Franck, depuis tout petit. Il a fait la guerre de Corée où il a goûté au sang et dont il n’est pas sorti indemne. En chemin, il est sans cesse taraudé par sa culpabilité, assailli par des images, des cauchemars de la guerre, auxquelles viennent se greffer des souvenirs d’enfance. En chemin, aussi, il assiste au spectacle bien réel du racisme quotidien des années 50. Mais il s’accroche à son bout d’humanité, sa sœur, victime d’un médecin blanc qui l’a utilisée comme cobaye pour des recherches à visée eugéniste.


Commentaires

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mardi 23 octobre 2012 à 18h08 - par  sylvain

Merci de ton commentaire, Jackie. J’étais passé un peu à côté de ce livre, que je jugeais trop "simpliste". Mais ton analyse sur le respect de soi que Cee et Franck retrouve est tout à fait juste rétrospectivement, et donne une autre saveur à cette ballade à travers les USA.

Peut être, dans la longue liste des horreurs infligées aux héros, aurais tu pu aussi ajouter la stérilisation de Cee, résultat des essais médicaux que son employeur pratique sur elle, sans même l’avertir.

Effectivement, c’est une autre vue de l’Amérique, une vue sans pitié, sans fard, des laissés pour compte des années glorieuses.

Pourvu que Romney ne passe pas.

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lundi 22 octobre 2012 à 23h36 - par  jackie

Quand on (je) pense Amérique des années 50, on (je) pense à une société en plein développement économique, l’explosion de la société de consommation, les banlieues pavillonnaires, les cadillac rutilantes, … C’est oublier un peu vite que les noirs vivaient totalement en marge de cette société-là. Ce roman nous plonge dans leur quotidien presqu’ordinaire. C’est raconté d’une manière très pudique, les choses sont dites à demi-mot, mais avec force. Les faits sont évoqués, d’une manière peu explicite, un peu comme le sont les souvenirs refoulés lorsqu’ils sont trop douloureux.

Des images qui remontent de l’enfance : l’ensevelissement de cet homme qui bougeait encore. Violence subie. Des images de la guerre en Corée, cette petite fille butée par un soldat alors qu’elle venait quérir quelques épluchures, enfin avec une histoire de braguette, la sienne ?, qui s’ouvre aussi à chaque fois qu’elle vient. Violence infligée. Cette grand-mère (belle grand-mère, car c’est un remariage) qui a hérité, qui possède sa maison, et qui se comporte finalement un peu comme un blanc vis à vis des sa petite fille qui est née au bord d’une route.

Le chemin est long, mais Franck et Cee parviendront à conjurer leurs démons, à retrouver l’estime d’eux-même, estime que leurs parents avaient perdue en même temps que leurs terres et raison pour laquelle ils n’avaient pas su entourer leurs enfants (enfin c’est mon hypothèse). Et ils y parviendront en revenant habiter dans le village de leur enfance (celui de leur méchante grand-mère, de cet homme enseveli vivant,etc..).

Ce roman est une sorte de conte, qui raconte très paisiblement des choses au fond horribles. C’est concis et percutant. C’est très poétique aussi. J’ai lu dans un article des Inrockuptibles que certains passages évoquent de « Strange fruit » de Billie Holiday sur les étranges fruits à l’odeur de chair brûlée que portent le magnolia.

En tout cas merci Mme Morrisson.

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