Des vies d’oiseaux

mercredi 28 décembre 2011
par  sylvain
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La maison a été occupée. Rien n’a disparu, sauf de la nourriture et des boissons, mais une sorte de présence hante ce lieu. Alors Giuseppe prévient la police. Et le lieutenant Taïbo vient.

Vida a épousé Giuseppe. Elle vient d’Irigoy, mais ça ne se voit pas trop, alors, elle n’en parle pas. Et elle a épousé Giuseppe, et il est riche. Et beau. Et plutôt gentil, même s’il lui dit qu’elle doit se taire, puisqu’elle vient d’Irigoy.

Taïbo ne lui dit rien. Mais il l’emmène, jusqu’à Irigoy. Retrouver son frère, et sa fille. Paloma, celle qui est partie il y a deux ans, avec son amant du ruisseau, mener une vie d’amour dans les nids des autres.

Et il est tendre, Taïbo. Il lui fait l’amour comme à une femme, une femme capable de retrouver sa fille. Et de changer de vie.


Commentaires

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mardi 24 janvier 2012 à 22h24 - par  sylvain

Oups, voilà que je n’avais pas mis de commentaire en ligne pour un opus de Mme Ovaldé. Alors qu’encore une fois, c’est un plaisir à déguster.

C’est indéfinissable, ce qui donne le charme de ces opus.

On ne peut pas vraiment dire que le fond de l’histoire soit nouveau : une belle femme s’est mariée avec un homme plus riche qu’elle, ils ont eu un enfant, une fille, qui s’est rebellée, est partie retrouver ses racines. Un bel inconnu débarque, et la femme s’aperçoit qu’il lui manque quelque chose. On a lu ça dans a peu près tous les livres écrits depuis que les Dieux grecs ont confié l’écriture aux hommes.

Mais il y a quand même, pour ce qui relève de l’intrigue, quelques faits nouveaux. Un peu de différence, du fait de ces ados qui usent des maisons des autres comme des coucous. Un peu de sensualité, dans la dans des personnages les uns devant les autres. Un peu d’humanité aussi, dans la description des personnages secondaires, veules ou héros méconnus, et beaucoup d’affection pour les personnages principaux. Pour cette femme qui se découvre de nouveau vivante car l’autre, le nouvel autre, la regarde comme une femme. Simplement une femme. Un être humain, différente et similaire. Avec qui on peut parler.

Et il y a surtout un travail sur le langage, qui transforme tout opus de V. Ovaldé en quelque chose d’autre. Une sorte de liverté.

J’aime les livres de Nothomb pour la précision chirurgicale de son vocabulaire, son usage toujours rigoureux de la grammaire. J’aime des auteurs comme F. Dard ou P. Djian ou encore V. Despentes (tiens, c’est marrant que des auteurs ayant un D comme initiale) pour le côté truculent, sexué de leur écriture.

Chez V. Olvaldé, les mots sont une mixture qu’on peut user, déformer pour dire plus et différemment. C’était probablement plus fort dans d’autres de ses opus, mais ici, il reste l’essence de ce style. Et c’est bon, très bon même.

Pas de doute : à lire.