Les exilés - Une chronique iranienne

vendredi 26 novembre 2010
par  jackie
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L’auteur raconte l’histoire de sa famille. Son grand-père, Youssef Razavi est un haut dignitaire de l’armée du Shah. C’est un aristocrate d’origine Qâdjârs, l’ex-dynastie au pouvoir en Iran, renversée en 1925 par la dynastie Pahlavi.

En 1943 a lieu la conférence de Téhéran entre Churchill, Roosevelt et Stalline. Youssef a l’honneur d’y assister avec 2 de ses fils. Dans la foule, Khoskho Namiz est venu voir Staline avec son fils, Ahmad. C’est un professeur de mathématiques, intellectuel, progressiste, peu pratiquant, il est sensible aux idées communistes, il craint une arrestation par la police secrète.

Pour encourager le progrès et l’occidentalisation de son pays, le Shah incite l’élite iranienne à envoyer leurs enfants étudier en occident. Ainsi, en 1946, Parviz, 10 ans et Houchang, 11, atterrissent brutalement à Montpellier dans un Institut catholique, sans un mot de français. Ils y resteront jusqu’à leur Baccalauréat, sans pratiquement revoir leur famille. Malgré tout, leur intégration sera totalement réussie. Ils sont sensibles aux valeurs républicaines et à la philosophie. Leur bac en poche, ils retournent au pays. Houchang, deviendra architecte et travaillera dans l’entreprise de Travaux Publics de son père. Parviz, tombé amoureux d’une Française, revient en France pour y exercer comme chirurgien-dentiste.

Les années passent, les 2 frères restent en contact régulier. Fin 1978, un vent de révolte souffle sur l’Iran. Considéré comme pro-URSS, le Shah est "lâché" par les occidentaux. L’Ayatollah Khomeiny mène la révolution depuis la France, où il bénéficie d’un traitement de faveur. La mort dans l’âme, la famille de Youssef se résout à quitter le pays, mais ils vont croiser à nouveau Ahmad Namiz, parmi les manifestants qui soutiennent la révolution islamique.


Commentaires

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lundi 29 novembre 2010 à 22h55 - par  jackie

Vous avez raison, c’est avant tout un témoignage d’une famille iranienne. Et vous semblez être bien placé(e) pour le savoir. Ce genre de témoignage nous rappelle, à nous européen, la chance que nous avons d’avoir des régimes démocratiques stables. Régimes néanmoins souvent cyniques vis à vis des pays dits émergeant. Et nous sommes tous autant que nous sommes, un peu responsables du destin de ces pays....et mal placés pour les critiquer. J’espère de tout coeur que le peuple Iranien aura la force de trouver sa voie et un régime plus équilibré.

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samedi 27 novembre 2010 à 02h02 - par  webmestre

Une vraie histoire iranienne, comme l’ont malheureusement vecue tant de familles ayant souffert de la révolution. Emouvant, parfois dur.

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samedi 27 novembre 2010 à 01h01 - par  jackie

Relaté sous forme de chronique, ce livre apporte un éclairage intéressant de l’Histoire récente de l’Iran. Histoire que nous partageons, nous occidentaux, bien plus que nous ne l’imaginons. Jamais manichéen, il me semble, l’auteur n’épargne ni le(s) régime(s) (des Pahlavi) dont a pourtant profité sa famille, ni les Occidentaux. Oui, au temps du Shah il y avait la police secrète, la torture, la corruption, les progrès qui ont surtout profité aux plus riches...mais progrès quand même, écoles pour filles dans chaque village, relative liberté des femmes.... Oui les Occidentaux ont joué aux marionnetistes avec les dirigeants. Oui son père et son oncle ont adhéré à l’ideal républicain Français, cette même France qui a soutenu Khomeiny. Une autre réalité : le désenchentement des classes moyennes, à travers la trajectoire de la famille Namiz...ou comment comment fabriquer un intégriste musulman. Et finalement ce régime islamique de l’Ayatollah Khomeiny, pire que tout.

Et aussi "Qu’est-ce qu’être immigré ?" Plus tout à fait irannien, mais pas complètement Français. Finalement il faut avoir 2 cerveaux, un pour la France, un pour l’Iran, sinon on devient Schizophrène.

Ce livre correspond assez bien à ce que je rechreche dans les livres : découvrir une culture différente, l’Histoire, la géopolitique, par le biais des "petites" histoires. En plus c’est bien écrit, agréable à lire, fluide, sans prétentions, les pages se tournent toutes seules.

Je remercie le site Blog O Book et ses lectures en partenariat grâce à qui j’ai gagné ce book.

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