A moi seul bien des personnages

vendredi 11 octobre 2013
par  sylvain
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Adolescent, Bill est troublé par des béguins qu’il sait contre nature, pour son beau-père, pour son amie de classe, jeune femme presque asexuée, et quelques camarades. Surtout Klitteredge, si troublant à la fois par sa beauté androgyne, et par le côté tellement séduisant de sa mère.

Mais c’est surtout la bibliothécaire, Miss Frost, qui le trouble le plus. D’abord en lui permettant d’accéder à des lectures qui illustrent et nomment le trouble qu’il ressent, puis plus charnellement. Parce qu’à la différence de sa mère, Miss Frost explique, voire illustre, ce qu’est une attirance, fût elle contre nature ou répréhensible aux yeux bien pensants de tous les autres.

Autres qui d’ailleurs n’avaient jamais manqué les pièces de théâtre du grand-père, essentiellement connu et admiré pour ses interprétations de rôles de femmes fatales.

En grandissant, Bill gardera ces attirances nombreuses et diverses, et les assumera toutes, sans avoir à en pâtir, sinon de ne savoir conserver une relations plus intime avec la femme de sa vie, sa copine d’enfance, celle dont le soutien-gorge avait été le réceptacle secret de tous ses fantasmes.


Commentaires

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samedi 12 octobre 2013 à 23h16 - par  sylvain

Encore une fois, c’est un mode entier qu’il faudrait résumer pour donner ne serait-ce qu’une première idée de cet opus.

Cette fois-ci, M. Irving se lance dans un opus sur les diverses formes de (hétéro/bi/homo)sexualité, et surtout, sur l’analyse des rapports humains que ceci génère. On y trouve de tout, dans cet opus, depuis la mère abusive qui couche avec son fils pour s’assurer qu’il préfère les femmes (alors qu’elle même ne rechigne pas à embrasser une autre femme), à l’homo refoulé qui ne s’assume pas, et qui en meurt.

Avec plusieurs fils, visiblement. Le plaisir, d’abord, qui est, in fine, le saint graal de tout ceci, et qui, comme tout graal, à rechercher en soi même par chacun des personnages.

Les rapports de filiation, aussi sont évoqués en détail, avec tous les questionnements que ces mélanges de genres peuvent amener. Peut on être le fils d’un homo ? D’un homo qui s’est trompé au moins une fois ? Un homo peut-il être père ? Dans beaucoup d’écrit, ces questions auraient pu résonner de façon vulgaires, voire fasciste, il n’est que de se rappeler les débats sur le mariage pour tous. Ici, c’est absolument l’inverse. Le rapport humain est au centre de la réflexion, des exemples donnés. Il n’y a pas de règles, pas d’interdit de principes, juste des personnages qui vient du mieux qu’ils peuvent et qui donnent l’amour et l’expérience qu’ils ont en eux. Ou pas. indépendamment du sexe, du genre, et de l’échange de gamètes.

Ces questions sont au coeur de nos bouleversements sociaux, et ici, ils sont évoqués sous la forme d’une histoire qui ne prends pas partie, mais qui illustre à la perfection que c’est par ses actions qu’on est ou non respectable, pas par l’adéquation en ses chromosomes et sa sexualité. Du grand art, une leçon de vie, jubilatoire, comme presque tous les opus de cet auteur.

A dévorer. Surtout si vous êtes contre le mariage pour tous.

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