l’économie des inégalités

mercredi 27 mai 2020
par  sylvain
popularité : 62%

L’opus présente d’abord la mesure de l’évolution des inégalités dans le monde, plus particulièrement dans les pays développés, puis les diverses méthodes de redistribution qu’il est possible de mettre en place, en expliquant les avantages et inconvénients de chacune.


Commentaires

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jeudi 9 juillet 2020 à 22h50 - par  sylvain

Le moins que l’on puisse dire est que c’est intéressant, savant et pédagogique.

On sort de cette lecture moins bête qu’on y est entré, ce qui est bien pour un essai.

L’information sur les inégalités est claire, rationalisée, empreinte des doutes et de l’exposé des limitations propres aux livres sérieux.

Mais.

Il y a en fait deux mais.

Le premier est que cette exposé est sans chair, car il ne traite de l’inégalité que d’un point de vue scientifique. Entre les 10% de la population les plus pauvres, et les 10% les plus riches.

Or, il me semble que ce ne sont pas les "un peu riches" qui génèrent la jalousie qu’on peut voir fleurir partout. Le "un peu riche" comme ça, c’est le voisin de palier, celui qui a l’appartement le plus grand mais qui est gentil et qui dit bonjour.

Ce dont le livre ne traite pas, ce sont les fortunes, celles qui s’accumulent, se transmettent, se gagnent, aussi. Celles qu’on voit à la télé et qui, il me semblent, entretiennent la frustration et l’appétit idiot de consommation "pour faire comme si". Et surtout, des méthodes qui permettraient d’éviter que ces accumulations démentes de richesse ne puissent proliférer, à la manière d’un cancer social.

Le deuxième mais est que l’opus est trop sage, alors qu’il s’agit d’une publication pour le grand public d’un auteur engagé. Qu’il écrive des bouquins d’économie pour spécialistes en langage châtié, avec toutes les virgules, doutes, limites... qui sont propres à la méthode scientifique, c’est parfait.

Mais quand il s’adresse à des néophytes, un peu de subjectivité (avouée) ferait du bien. Cela guiderait pour savoir si tel ration de 2,7 est "plus mal" ou "moins mal", pour l’auteur, qu’une autre valeur issue de la collecte des données d’un autre pays.

Nonobstant ces mais, cela reste un opus à lire.

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