Gros-Câlin

jeudi 22 septembre 2011
par  jackie
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Monsieur Cousin est un employé de bureau, il travaille dans les STAT sur un IBM. Il trompe sa solitude et son besoin de contact avec son python de 2,20m qui s’enroule affectueusement autour de lui. Chaque jour, il prend l’ascenseur avec Mlle Dreyfus, qui s’habille en mini jupe et bottes longues, ou plutôt il part en voyage et chaque étage est une escale paradisiaque. Elle est noire, comme lui, elle vient des îles. Alors il se met dans sa tête, imagine ses réactions, s’invente une vie avec elle. Et chaque jour il espère l’aborder.

Mais son python lui pose des problèmes tout de même. D’abord parce qu’il se nourrit d’être vivants, de petites souris toutes douces et toutes mignonnes. Un jour il s’est sauvé par les conduites des toilettes, et est ressorti par le wc de sa voisine, qui s’est évanouie. Et puis Mlle Dreyfus, va-t-elle accepter de cohabiter avec lui, en tout cas il l’espère puisqu’elle qui est noire et qu’elle vient des îles.

En attendant il va voir les bonnes putes, qui lui savonnent le cul d’autorité, parce que c’est hygiénique et parce qu’avec le niveau de vie qui a augmenté, c’est devenu accessible à tous, ce n’est plus réservé qu’aux connaisseurs.

Un matin, au bureau, il attend Mlle Dreyfus désespérément au pied de l’ascenseur. Il apprend alors qu’elle a quitté l’entreprise. Il se met alors à sa recherche.


Commentaires

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mardi 4 octobre 2011 à 23h38 - par  jackie

C’est le premier roman écrit que Romain Gary écrit sous son pseudo Emile Ajar. Dans le style il préfigure complètement son chef d’oeuvre La vie devant soit. Là aussi il fait parler un personnage décalé, primesautier. Il l’utilise pour mieux détourner des formulations, très politiquement correctes, et en fait une lecture au premier degré pour mieux démontrer à quel point on vit dans un monde vide de sens, où la "com" - comme on dit maintenant - habille le monde de jolies formules.

Et il balance, sur des sujets assez récurrents chez cet auteur : le racisme, le droit à la différence, sa tendresse pour les putes (qui font un métier utile, ont un rôle social - par opposition aux services type "SOS amitié") ; se moque des anarchistes, des intellectuels engagés pour des causes humanitaires. Le thème central est bien sûr la solitude.

C’est une fable sur la l’absurdité de nos sociétés modernes, l’individualisme, le vide des relations humaines. Mais il faut se faire au style très particulier d’Emile Ajar, pas si facile à lire car il triture sans arrêt des phrases, des expressions classiques pour leur faire dire autre chose. Donc un peu fatigant à lire, surtout qu’il ne le manie pas avec la même maîtrise que dans La vie devant soit. En fait, il faut lire Gros Câlin chronologiquement, avant La vie devant soit sinon on est un peu déçu, enfin c’est mon point de vue. Mais c’est à lire tout de même.