Et mon coeur transparent

mardi 5 octobre 2010
par  jackie
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Irina vient de mourir tragiquement dans un accident. Sa voiture a fait une embardée et elle a fini au fond de la rivière Omoko.

Lancelot se demande ce que faisait Irina, son Irina, à cet endroit, là à Camerone, dans cette voiture qui ne lui appartenait pas. Et en fait qui est Irina, cette Irina pour qui il a quitté brutalement Elizabeth, sa femme depuis 19 ans. Cette Irina qui lui était tombée un jour sur la tête, enfin sa chaussure. Cette Irina qui filmait des ours et autres bestioles à travers le monde.

Commence alors son enquête pour découvrir les véritables activités d’Irina. Activités qu’elle avait pris soin de lui cacher, ou qu’il avait choisi de ne pas voir. Il fait la connaissance d’un homme étrange qui se dit être son père. Puis des recettes d’explosif dans ses recettes de cuisine. Puis une maison que convoitait Irina et qui se trouve purement est simplement réduite à néant. Puis un autre homme, une vieille connaissance d’Irina, propriétaire de la voiture accidentée, et à l’identité changeante. Chaque révélation produira un choc chez Lancelot.


Commentaires

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mercredi 6 octobre 2010 à 23h15 - par  jackie

...l’écriture, totalement nouvelle pour moi. Cette façon d’écrire presque "au kilomètre", avec peu de ponctuation. Style parfaitement approprié au caractère du personnage principal. Lui qui s’est d’abord laissé engluer dans une relation moelleuse avec Elizabeth (instit), qui le traitait comme un enfant - qu’il était d’ailleurs. Les références à sa mère sont fréquentes - encore un (!) qui n’est pas sorti indeme de sa relation mère-fils (mère célibataire en mal d’amour). Il prend la vie comme elle vient. Son amour pour Irina le comble chaque jour, alors pourquoi se poser des questions.

C’est ce qui est fort dans ce livre : réussir à exprimer des choses aussi fortes et sombres, avec des mots et des tournures aussi simples, comme ça, l’air de rien. Elle nous entraîne dans les méandres de ses pensées, de son désespoir. Et ça sonne juste parce que ça renvoit à des sentiments qu’on éprouve tous au fond de nous sans jamais les exprimer.

Et puis l’intrigue, elle nous tient en haleine, et la fin est pour le moins inattendue.

Alors, oui "experience it !".

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mercredi 6 octobre 2010 à 22h20 - par  sylvain

Tu as aimé, ou pas, ce livre ?

La lecture de ton post me laisse sur ma faim. La photo de l’auteure donne envie de lire ses livres (OK, c’est subjectif), mais ton commentaire, moins. Que penser ?

Bizz

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mercredi 6 octobre 2010 à 21h46 - par  jackie

On se croirait dans un film de Jacques Tati. Lancelot est un personnage totalement candide, et l’écriture est là pour le souligner. Le vocabulaire est simple, même régressif. Le narrateur déroule la pensée de Lancelot, ses impressions, telles qu’il les ressent, au moment où il les ressent, en ouvrant des paranthèses sans cesse, pour préciser sa pensée ou partir dans des digressions. Au début c’est souvent drôle. Il y a le passage où une chaussure d’Irina lui tombe sur la tête. Egalement quand sa "virilité" se révèle au contact d’Irina et où il décide de quitter Elizabeth alors il se dit "mais où donc est passée ta pusillianimité".

La géographie est imaginaire, tout comme cet arbre à opossums. Et ça participe à l’univers poètique du livre.

Puis ça devient plus sombre. Et tout candide qu’il est, Lancelot traverse avec difficulté cette période de deuil, et aussi ce sentiment désagréable d’avoir été baladé. Conscient de sa naïveté, une candeur pas vraiment choisie, et pourtant indispensable pour vivre, il doit avancer, faire avec, comme un handicap qu’il faut surmonter.

Merci à Gaïete qui m’avait conseillé V. Ovaldé.