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samedi 20 novembre 2010
par  sylvain
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Judith dirige la société Téléachat, avec sa sœur Irène. Judith a été mariée, mais est maintenant séparée. Alors, de temps à autres, elle se fait un gigolo. C’est un peu cher, mais c’est efficace, propre, orgastique et finalement pratique. Irène, elle, attends l’âme sœur, l’homme en -logue qui lui offrira l’harmonie intellectuelle dont elle rêve. Mais elle attend depuis longtemps.

Un jour, pour Judith, c’est Patrick. Mignon, drôle, et du caractère. Et plaisant, vraiment plaisant. Presque au point de... Non, en fait non, Patrick est et doit rester un objet. Un gode, sophistiqué, mais un gode.

Patrick, en fait, est Marco. Et ces femmes, il ne les baise que pour trouver suffisamment d’argent pour que Fanny, sa Fanny, puisse payer les traites de son salon de coiffure. Fanny découvre Patrick. C’est le déchirement, et, pour garder Fanny, Marco abandonne Patrick.

Sauf que les traites reviennent. Et que la vie, sans l’argent de Patrick, est plus difficile. Moins confortable. Alors Fanny demande à Marco le retour de Patrick. Et donc de Judith. Du sexe de Judith, de l’argent de Judith.

Une Judith qui avait besoin d’un vrai Patrick, et pas d’un Patrick de passage, car Irène avait enfin découvert l’Amour, le vrai, dans les bras d’un Indien d’Amérique, musclé et calme.

Pas facile, alors, pour Marco, de se repérer entre ces femmes, celle qui l’aime pour ce qu’il est, mais qui l’envoie entre les jambes d’une autre, celle qui l’apprécie pour ce qu’il est, lui offre le confort, mais qui se moque, ou presque, de sa vraie vie.


Commentaires

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dimanche 21 novembre 2010 à 15h08 - par  sylvain

Si on renversait les sexes des protagonistes, ce ne serait qu’une simple histoire d’adultère, entre une jeune pute et un riche homme dans la force de l’âge.

Mais c’est un gigolo, et une femme quinqua, riche. Et ça change tout. Car ces questions de possession du corps d’un autre contre de l’argent, dans ce "sens" là, ça existe, mais ce n’est pas racontable. On tolère les prostituées et les travelos, mais on méprise les gigolos.

Et pourtant, comme le dit Mme Balasko, ce sont des êtres humains, qui en sont là pour des raisons normales, que nous pourrions tous rencontrer : le bonheur d’une famille contre quelques cunnis, est-ce mal ?

De la même façon, cette femme qui consomme de la chair fraiche, jeune et bien dure, peut apparaitre au premier abord comme un personnage repoussant.

D’autant plus, qu’en contrepoint, Mme Balasko introduit le personnage de la sœur, qui vit, certes sur le tard, une histoire d’amour "normale".

Le tour de force de ce livre consiste à nous amener à considérer ces 5 personnages, Judith, Irène, leurs amants, et la femme civile du gigolo, comme des protagonistes assez similaires, vivant comme ils le peuvent une vie qui n’est facile pour personne. Avec leurs qualités et leurs défauts, ils interagissent et cherchent le bonheur, mais sans qu’on ne puisse in fine émettre de jugement de valeur sur ces comportements.

On trouve sur le net l’information suivante (que je n’ai pas pu vérifier ) : ce livre était d’abord un scénario, que Mme Balasko n’a pas réussi à placer. Elle en a alors fait un livre, qui s’est bien vendu, puis, devant ce succès de librairie, un film.

Je n’ai pas vu le film, mais le livre est un très bon moment de lecture, du Balasko pur, une sorte de comédie humaine actuelle qui permet, grâce à l’absende de dénonciation de tel ou tel, de regarder les autres avec un regard meilleur.

Yapa, fô le lire

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