Une gourmandise

mardi 8 juillet 2008
par  sylvain
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Le Pape de la gastronomie se meurt, d’un inéluctable mal de cœur. Aussi, au fil des chapitres, il revoit les diverses émotions et évènements qui l’ont amené à ce qu’il est, ce Dieu des critiques, capable d’un coup de plume de faire et défaire les réputations.

Et en contrepoint, les émotions et avis de ceux qui l’ont connu ou côtoyé, des plus célèbres aux plus humbles. Mais qui tous ont reconnu dans cet homme hors du commun un réel talent, a minima pour montrer ce qu’est le plaisir.

Sauf pour ses proches, plus étouffés de tant de gloire auto-satisfaite que éclaboussés de la grandeur de cet homme.


Commentaires

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mardi 8 juillet 2008 à 22h01 - par  sylvain

J’avoue que je n’ai vraiment pas aimé.

Certes, il y a les descriptions de la naissance du plaisir de la gastronomie, puis de sa pratique. Que ce soit dans les lieux les plus grands ou chez les gens "simples", avec un plaisir mixte entre le simple fait de refaire le monde et la qualité des mets.

Et aussi une touche de création, intellectuelle, dans la composition d’un menu qui, même pour le cuisiner créateur des plats, devient un monument d’évidence.

Et bien sûr aussi, il y a la critique des effets de bord d’un tel absolutisme. Une femme et des enfants ravagés, mais quelque part admiratif.

Finalement, une ode à la réussite pointue, à l’exigence poussée à son comble. Avec une pointe de condescendance pour les autres, les normaux.

Et cela me déplait pour deux raisons.

D’un, j’y vois presque le rêve absolu dune élite formée à la française, appliquée à un domaine qu’on étudie pas dans les ENS. Une façon de dire, seul l’absolu peut sauver, car il permet de savoir pourquoi on vit (dernière phrase du livre).

Deux, cela manque de tripes. D’odeurs nauséabondes, de reconnaissance que pour un délice, il y a du lisier, de la souffrance, du travail. C’est régalien, au sens ou les Rois finalement, se pensaient supérieurs à tous ces artistes qui ont fait leurs plaisirs.

Peut-être n’ais je pas compris qu’il fallait inverser le propos, que c’est une moquerie, mais j’en doute tant la flagornerie pour l’essence du personnage est forte, tant les descriptions des plaisirs de la table son longues et précises.

Je ne suis (vraiment) pas contre les plaisirs, et surtout pas ceux-là. Dans un style très différent, mais combien plus agréable et plus humain, un livre comme "le parfum", de Suskind, amène aussi une réflexion sur le beau et le bon, sur l’accès à la création.

La gastronomie étant éphémère, le critique détruisant forcément l’œuvre qu’on lui présente, c’est probablement vrai que les écrits qui en parlent ne sont pas courants. Mais là, cela m’a semblé plus ampoulé qu’un texte du 19ème, plus hautain que la littérature de cour. La langue est belle, c’est indéniable, mais je n’ai vraiment pas aimé.

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