Je vais passer pour un vieux con

vendredi 23 octobre 2015
par  sylvain
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L’homme, c’est le discours.

Il en est ainsi de ces phrases introductives qui en disent parfois plus long que la suite du discours sur celui qui les prononce, voire sur celui à qui elles sont destinées.

On a beau tendre l’oreille, écouter la suite, se concentrer sur les mots qui suivent, l’impression qui restera est celle introduite par cette généralité souvent abusive servie comme une invite à prendre du recul sur le propos, l’exégèse immédiate d’un prolégomènes qu’on ne saurait dire tout entier.

C’est ainsi qu’un tel début ramènera sans délai celui qui l’a prononcé à ces mots : un homme de papier, de vent, de sons, et non un homme d’acte et de bravoure. Le développement martial prendrait presque une tournure ridicule dès lors qu’il est introduit par un tel aphorisme.

Les mots sont les mots, laissons les servir un propos, qu’il soit déclaration de flamme ou rescrit fiscal, pour que l’acte qui s’ensuit soit lui aussi une démonstration de personnalité.


Commentaires

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dimanche 8 novembre 2015 à 15h53 - par  sylvain

En terme de contenu, c’est l’application du principe des petits plaisirs, qui fît il y a quelques années le petit plaisir de bien des lecteurs, à des situations qui sont à l’opposée des premières, c’est à dire des petits déplaisirs.

C’est l’exposé de l’agacement que l’on ressent, souvent légitimement, quand un phrase introductive ne fait que mettre en lumière l’exactitude de ce que le locuteur souhaitait éviter. On l’a tous vécu, souvent comme spectateur, parfois comme acteur (involontairement).

Mais autant l’exposé des petits plaisirs simples de la vie est œuvre généreuse, ouverte, vivante, Rabelaisienne, autant ici, l’exposé fait étriqué.

Dans son "Petit traité d’intolérance", Charb traitait d’un sujet similaire (globalement, ceux qui nous paraissent être des cons), mais autant Charb rendait cela amusant par une prose volontairement exagérée, autant ici, on semble être dans le condescendant.

C’est bien moins agréable à lire, et finalement, celui mettant en exergue l’ineptie de préciser en prolégomènes l’impéritie du jugement hâtif qui va suivre l’écoute du propos, in fine, se voit appliquer un raisonnement similaire.

Reste que c’est gentiment écrit.

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