Le Joli Mois de mai

jeudi 29 décembre 2011
par  jackie
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Aimé et Martial préparent les lits pour les têtes de chien. C’est comme ça qu’ils les appellent les parisiens qui viennent passer quelques jours au relais de chasse de Monsieur Louis. Mais cette fois-ci c’est différent, c’est pas la saison de la chasse et ils sont cinq, tous anciens clients. Il y a le couple Truchon, le commandant Lyon-Saëck, le tenancier de bordel Sacha Milou avec son chien et un militaire avec un nom si petit petit petit.

Le temps s’écoule lentement autour du souper, puis au salon autour du feu, les langues se délient. On apprend que les Truchon se sont occupés d’enfants délaissés, que le commandant a placé sa fille aînée parce qu’elle était tombée enceinte trop tôt et qu’il a rendez-vous avec un traiteur renommé pour marier sa cadette, et que Sacha considère ses filles comme ses propres enfants. En tout cas aucun d’entre eux ne semble montrer la moindre tristesse pour Monsieur Louis, lui qui s’est tiré une balle de fusil. N’empêche qu’ils sont là, ils sont tous venus sans trop se poser de questions, pour se partager l’étang, les bois, l’armurerie, la maison et Aimé et Martial avec. Et même si le testament n’a pas l’air très officiel, quelle importance, ils attendent le notaire qui doit venir le lendemain matin à 11h.


Commentaires

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jeudi 12 janvier 2012 à 22h04 - par  sylvain

C’est vrai que c’est bien écrit, léger, bien construit et amusant. Là dessus, je suis totalement d’accord.

Mais je suis resté un peu dubitatif sur l’intrigue : ça m’a fait penser au Goncourt de Yann Keffelec ("Les noces barbares"). Une histoire de viol avec des conséquences bien glauques, payées cash tant par la gamine violée que pas le bébé. Et un héros moins demeuré qu’il n’y parait à première vue.

En tout état de cause, ça se lit en peu de temps, et c’est bien agréable. A essayer, donc.

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mardi 3 janvier 2012 à 01h37 - par  jackie

Joli petit opus que ce Joli Mois de mai. L’intrigue est très bien amenée, elle se dénoue tout doucement, habilement, on ne sent pas trop le coup venir. L’auteur sème ses indices avec parcimonie et à la fin, mais vraiment à la fin, on se dit que ça ne pouvait finir que comme ça. Pourtant ce n’est pas un policier, plutôt un roman noir. Elle utilise le biais d’un narrateur benêt, qui est aussi le personnage central. En se faisant l’écho des raisonnements et des petites phrases des uns et des autres, il les amplifie et les rend d’autant plus ridicules, d’autant plus iniques ou d’autant plus justes suivant les personnages. OK ce procédé n’est pas nouveau. N’empêche que ce petit roman sonne bien juste. A lire.

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