Kosaburo, 1945

dimanche 5 février 2012
par  sylvain
popularité : 48%

Kosaburo est étudiant. Il aime Mitsuko.

Mitsuko a un frère, Akira.

le Japon est en guerre, et tous doivent se préparer à défendre la terre sacré des ancêtres, la terre crée par les Kami pour le peuple élu.

Kosaburo étudie le Bushido, la Voix des Samouraï. La façon de penser la mort, de l’utiliser pour l’honneur. Et initie Mitsuko à cette culture ancestrale.

Akira se réfugie dans un temple Boudhiste. Kosaburo est appelé sous les drapeaux. Mitsuko cache sa femminité et s’enrôle à la place de son frère, pour l’hooneur de la famille.

L’apprentissage est dur. Héroïque. Mais Kosaburo et Mitsuko sont retenus dans le corps d’élite : les pilotes de chasse. ceux qui font corps avec leur Mitsubishi Zéro, capables, ensembles, de sentir le vent et de chevaucher les nuages comme les nuées divines qui fondent sur les ennemis.

La guerre continue. Kosaburo et Mitsuko sont des pilotes d’excellences, ramenant à chaque mission leur avion victorieux de ces envahisseurs blancs, arrogants et irrespectueux de la Voix. Avec honneur et détermination. Comme le Japon.

Puis Kosaburo est appelé à la mission de sa vie. A ne faire qu’un avec la bombe. A l’amener à son lieu d’explosion, pour la défense de l’Empereur et la grandeur du Shinto. Mitsuko fait partie de l’escadre qui l’accompagne. Toutes les images de la grandeur de Kosaburo restent en elle : la perfection du piqué, la précision de la visée, l’arrivée sur le pont du bateau, la boule de feu.

Hiroshima, Nagasaki. Défaite et humiliation. Trahison de l’honneur, rendu palpable de la voix même de celui qui incarne l’Histoire. Perte de la raison de vivre. Ultime vol, sans retour.


Commentaires

Logo de sylvain
mardi 21 février 2012 à 23h02 - par  sylvain

C’est un peu comme après une tasse de thé vert. Une impression d’voir bu quelque chose d’anodin. Et puis les arômes se développent ensuite, et une simple amertume peut révéler des abimes de sensations.

La vie de trois jeunes, ravagés par leur culture, écrasés par les événements. Poussés au sacrifice ou à la fuite par une idéologie qui les dépasse, l’histoire glorieuse des générations passées. Cela a déjà été écrit 1000 fois, depuis l’Iliade, la Bible, Bilbo le Hobbit et les scénarii de la majorité de jeux d’arcade.

Mais il y a un mais. La référence aux puissants, lointains, qui veulent vivre sans rien changer. Et qui envoient les autres mourir, puis abdiquent sans honneur. Découverte de l’inutilité du Sacrifice de l’aimé, de la rouerie du monde des adultes. Et donc de l’inutilité de la vie. Suicide. Finalement, seul celui qui a fui survit à l’épisode, mais on devine qu’il est impossible de rebâtir une société avec les vies de ceux qui savent le prix que les autres ont payé à leur place.

Plus globalement, c’est un petit opus sur la sortie de l’adolescence, sur la perte des idéaux, la dureté de l’arrivée dans le monde réel, celui des parents, dominé par des valeurs partagées... par ceux qui ne peuvent s’y opposer. Tiens, c’est marrant, on pourrait trouver des ressemblances avec d’une part les révoltés Espagnols, d’autre part les financiers prêteurs à la Grèce (Est un hasard si le FMI est devenu un Bordel ?).

Navigation

Mots-clés de l'article

Articles de la rubrique

  • Kosaburo, 1945