Heureux comme Dieu en France

vendredi 26 août 2011
par  jackie
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Pierre est un jeune homme sans envergure et sans convictions politiques. Son père, communiste engagé le fait entrer dans la résistance. Il est déclaré mort, enterré et change d’identité le jour de ses 20 ans. Pourtant sans ambition, il gravit les échelons de la résistance : l’action, le recrutement, le renseignement. Il y fera des rencontres décisives pour le restant de sa vie : Rémi, Mila dont il recherchera la trace pendant des années après guerre. Mais aussi Wolfgang, l’officier allemand dont il causera la perte et à qui il promettra de veiller sur sa femme et son enfant.

A l’issue de la guerre, il faut continuer à vivre, endosser le poids d’un passé héroïque qu’il n’a pas choisi. Affronter la médiocrité de ses concitoyens "La France des collaborateurs qui avait cru bien faire laissait place à celle de récupérateurs".


Commentaires

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jeudi 15 septembre 2011 à 00h17 - par  jackie

Oui, j’ai tardé et je me suis fait doubler. Que dire de plus ? Si ce n’est que j’ai trouvé que ce bouquin avait un ton très juste, pas un mot de trop, des phrases sont simples, avec quelques belles métaphores. Et que ce qu’éprouve le personnage après cette aventure est très similaire à ce qu’exprime Romain Gary dans la Promesse de l’Aube : difficulté de vivre avec cette charge, qu’ils n’ont pas choisie, de l’impossibilité de la partager avec d’autres, et le besoin vital de retrouver ses compagnons.

J’ai vraiment aimé ce livre car il démystifie ces héros de l’ombre de la résistance, tous ceux qui ont juste FAIT ce qu’il y avait à faire, comme disait Colluche "sans idéologie, ni baratin".

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samedi 10 septembre 2011 à 11h33 - par  sylvain

Alors, Jackie, tu le fais quand, ton commentaire ?

Parce qu’il est quand même plutôt bien, ce livre. Il démystifie l’entrée dans la résistance, le travail de collecte d’informations. Car si dans les faits, ces gens sont effectivement des héros, clarifier qu’on peut devenir héros malgré soi permet aussi d’envisager que certains soient devenus salauds malgré eux. Même si bien sûr, cela est inexcusable.

Il narre aussi la difficulté de revenir à une vie normale, après une aventure extra-ordinaire. La force des liens qu’on peut nouer avec des hommes et des femmes avec qui on a failli mourir, avec qui la vie tenait à la confiance qu’on avait dans la force de leur caractère. Imager comme le fait Marc Dugain la différence entre la vie pendant et la vie après la guerre, presque la perte de sens à la vue de la vulgarité des batailles politiques d’après guerre, et le refuge dans les plaisirs de la bouche, à défaut d’autres, est en vrai régal. Une part de compréhension de l’humanité, de la force du stress.

C’est court, c’est bien écrit, et pour moi, c’est à lire.