Le peigne de Cléopatre

vendredi 20 juin 2014
par  sylvain
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Quand Mari s’est faite virer du cabinet comptable par la personne avec qui elle l’avait créé, elle commence par lui planter des ciseaux dans la main. Puis, déboussolée, par se rendre chez sont amie Anna, pour y retrouver Fredrik et y pleurer ses malheurs.

Et surtout, pour y trouver une solution. Comme par exemple de monter une société, "Le peigne de Cléopâtre", dont la raison sociale est d’aider sur n’importe quel sujet ceux qui en font la demande. Et ça marche, car chacun des 3 compères amène ses vastes compétences, son expérience, et une fondamentale envie de venir en aide aux autres, un peu comme un substitut de sa solitude.

Jusqu’au jour ou une dame âgée vient demander, pour une grosse somme d’argent... qu’on tue son mari, devenu exécrable avec l’âge. Bien évidemment, les trois amis se refusent à une telle action, mais néanmoins, le mari meure. Et l’argent est versé. Puis partagé.

Pour Anna, cet argent est fondamental, car il lui permet de redonner de la dignité et du bonheur à son père, très malade mais mal soigné par manque d’argent.

Et puis, c’est une autre demande, pour faire mourir une femme que la médecine maintient en vie alors qu’elle n’a plus de conscience. Et cette femme meure aussi...


Commentaires

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samedi 21 juin 2014 à 15h36 - par  sylvain

Ah, du nouveau.

J’ai une sorte de tendresse particulière pour les opus de Mme Ernestam. Du fait de leur musique, du regard décalé qu’elle porte sur la société.

ici, en fait, c’est du lourd. Car on pourrait presque croire que la morale de l’opus est qu’on se sent mieux quand on a tué un con (ou une personne dans l’attente de la mort). Que c’est libératoire, ce don de la mort, vu comme son symétrique, le don de la vie à celles ou ceux que la disparition de cette tyrannie (fût-ce la terrible agonie d’une victime d’alzheimer) libère.

En y regardant de plus près, ce qui est amusant est que cela semble effectivement être ça. Bien sûr, on est au second degré, mais les personnages principaux, ce triptyques d’amis perdus dans la vie, incapables d’une relation suivie avec un autre être pour des raisons différentes, retrouve un ancrage dans la réalité à l’occasion de ces meurtres. Parce que c’est l’acte le plus terrible qu’on puisse commettre, il oblige à se questionner sur soi, sur une éventuelle hiérarchie des valeurs et des gens, et à faire un choix.

Choisir, c’est mourir un peu. Ici, pour certains, choisir, c’est mourir beaucoup. Mais c’est aussi reprendre goût au contact, aux autres, quitte à ne pas le supporter et à préférer le suicide à la vie, pour l’un des personnages, qui in fine, assume le fait qu’il ne s’assume pas en tant que travesti.

C’est amusant, ce livre commence par un licenciement, exactement comme "La ronde des désirs impossibles" que j’ai lu à la suite de celui-ci, mais l’approche des deux écrivains est viscéralement opposée : là, un écoulement subi du temps et des rencontres, hédonisme passif d’une fin d’époque, ici, un questionnement sur le rapport au présent, aux autres et à la volonté.

Dieu que j’apprécie cette auteur. Vivement l’opus suivant.

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