L’éternité n’est pas si longue

dimanche 18 novembre 2012
par  sylvain
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Nora vit avec Pauline. Pas depuis longtemps, et pas non plus pour longtemps, car Pauline est exigeante, et Nora voit la vie de couleurs diverses. De temps à autres, en rose. Et le plus souvent, en noir.

Mais Nora a quatre amis, son cousin Raymond, Judith et Miriam. Avec ceux-mà, c’est fusionnel. Au moins une heure de téléphone par jour, et plusieurs soirées par semaine. Même quand les premiers cas de variole sont détectés.

Aussi, quand Pauline la quitte, Nora se réfugie avec ses amis. D’abord lors de toutes les soirées possibles, puis, maintenant que la variole s’étends, et qu’on commence à parler de cas proches, tous les jours. Colocation, amis plus forts que les liens de famille. Eux continuent à travailler, Nora, non. Trop de stress à se demander si la personne en face est ou n’est pas touchée par le Virus.

Promenades dans les bois, autour de la maison, de moins en moins de contacts avec le monde des vivants. Restent les amis, mais les tensions entre ceux qui vont travailler et elle s’aiguisent. Pas facile de se demander quand on sera le prochain touché par les les pustules. Et c’est bien "quand", et non si, car maintenant plus de la moitié de la population a déjà été décimée et le vaccin s’est révélé inefficace.

Alors Nora s’invente un mode à elle, avec Phyllis, LA femme. Et reprends contact avec ses amis. Mais c’est trop tard, la variole arrive.


Commentaires

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samedi 29 décembre 2012 à 22h46 - par  sylvain

Une vision amusante de la fin du monde, pour changer. En ces temps de fin du monde Maya, cela fait du bien, de relativiser, et de revenir à ce qu’est réellement la "fin du monde" : uniquement la fin de la perception du monde par un personne, ou au plus, un groupe de personne.

Ici, c’est une personne dépressive qui réduit son monde progressivement à l’humanité, puis, au hasard des événement, à quatre personnes plus un reste de famille et un imaginaire, puis, définitivement, à rien.

Une plongée dans un délire de tristesse, raconté avec bonne humeur.

Et paradoxalement, cela fait du bien, de ramener de telles horreurs à ce qu’elles sont, des images dans l’esprit de certains. Par le plus grand des hasards, je suis allé visite l’exposition sur les peintres Flamands, à Lille, en même temps que je lisais ce livre. Les parallèles sont éloignés, mais étonnants, entre cette fin du monde par maladie, et les représentations de l’Apocalypse par J. Bosch et les Brueghels. Un refus de l’existence des autres, malades et contagieux dans un cas, sources de péchés au point d’être représenté par l’image du danger dans l’autre.

Dans l’opus de Mme Chiarello, on a le plaisir d’une histoire qui sonne bien, bien construite et très agréable à lire. Je vous conseille.

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