Alexandre et Alestria

lundi 30 août 2010
par  sylvain
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Lui, c’est Alexandre. Jusqu’à 6 ans, il a vécu déguisé en femme, libre dans l’ombre de sa mère Olympias. A partir de cet age, c’est la découverte du monde des hommes, de la guerre, du combat. Plus brutal, plus viril, plus excitant. Beau comme un dieu, il attire les amitiés. Mais aussi les convoitises, la violence sexuelle.

Adolescent, il forme le rêve de conquérir le monde, d’unifier toutes les cultures sous sa domination, mêlant le monde grec à celui de la Perse. Dès qu’il devient Roi, il se jette avec succès dans cette épopée.

Elle, c’est Alestria. Fille de personne, elle est devenue la Reine des femmes libres, les Amazones. Reine d’un monde sans bornes, sans limites, ou seule la féminité sauvage est la règle. Un monde où l’homme n’existe que pour quelques nuits de plaisir, vite oubliées, où le mariage est tout simplement un motif de départ, où enfanter est inutile, car suffisamment de fillettes sont abandonnées pour que la tribu soit renouvelée.

Leur rencontre est explosive. Le corps à corps est total, brutal, violent, sensuel, brûlant. Et Alestria, conquise et amoureuse, abandonne sa culture et se soumet au Roi du Monde au point de tenter de lui faire un enfant.

Mais Alexandre est sérieusement blessé lors de la conquête de l’Inde, et ses capacité physiques sont terriblement amoindries. C’est alors lui qui découvre le monde intérieur des Amazones, la beauté de la vie libre. Jusqu’à en mourir.


Commentaires

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mardi 31 août 2010 à 21h32 - par  sylvain

Autant les bouquins de Grondhal ont une vie propre, et restent en mémoire assez longtemps, grâce à al pertinence avec laquelle il nous interpelle, autant là, c’est d’abord le côté éthéré du style qui séduit.

Wiki indique que Shan Sa a d’abord été poétesse, en Chine, et cela se sent dans sa façon d’écrire, même en français (sa maitrise de la langue est absolue).

Et autant Grondhal (on peut remplacer par plein d’auteurs, comme Djian, Houellebecq, Sartre...) essaye visiblement de donner à voir et à entendre, autant Shan Sa ne donne qu’à regarder. Voir, c’est si on veut.

Personnellement, j’y ai vu des choses (féminisme) dont je me demande encore si elle les y a réellement mises. Je me souviens dans une vie antérieure, avoir entendu mon prof de français décortiquer "La terre est bleu comme un orange". Avec tout ce qu’il avait vu dans ce livre, je me sens le droit de trouver des choses dans ce livre, sans trahir l’auteur.

D’où un côté juste attachant à ce livre. On le lit avec plaisir, on garde un petit quelque chose qui pousse doucement dans le cerveau. Mais essaye, et dis moi.

Amitiés

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lundi 30 août 2010 à 22h34 - par  webmestre

Le résumé que tu fais de ce roman donne une envie énorme de le lire et zut, le commentaire y met un gros bémol : les pages qui se tournent toutes seules.

Impression que le style fait passer une histoire juste "attachante". Rien de plus ?

Site web : BV
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lundi 30 août 2010 à 22h25 - par  sylvain

L’histoire est simpliste : lui est un surhomme, doté d’une ambition sans mesure, car il a connu la faiblesse ; elle est une femme totalement libre, et fière de l’être car elle a connu la faiblesse. La rencontre est explosive, mais c’est elle qui se soumet. Jusqu’à ce qu’il redevienne simplement humain.

Mais ce livre est quand même attachant au moins pour deux raisons.

D’abord (comme souvent, je sais) le style est aérien. Presque comme un nuage de mots, même pour raconter la guerre, la mort, les horreurs. C’est presque un poème en prose, et qui durerait 300 pages.

Ensuite car derrière cette simplicité de l’histoire se cachent quelques thèses féministes amusantes et bien cachées.

Par exemple la fait qu’Alexandre ne devienne ce qu’il est que parce qu’il assume en fait totalement son côté féminin, la séduction que lui permet sa beauté.

Ou, plus sûrement, la conclusion du livre : homme, Alexandre n’a possédé que le monde, et tenté d’asservir la femme que pourtant il aime à la folie. Ayant perdu sa virilité, Alexandre s’ouvre à la vraie vie, la vie intérieure, qu’il découvre avec les Amazones.

Un bouquin à découvrir, une écriture facile à dévorer, tout ce qu’il faut pour un très bon moment de lecture.

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