La belle du Caire

vendredi 20 février 2009
par  sylvain
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Dans les années 30, Ma’Moun, Ali et Mahgoub sont trois étudiants en licence à la faculté du Caire. Les deux premiers sont des idéalistes issus de familles aisées, l’un porté sur la religion, l’autre vers le socialisme.

Mahgoub, lui, vient d’un milieu très défavorisé. Et à l’inverse de ses amis, il a développé un cynisme total. Aussi, quand on lui propose d’épouser la belle Ishane, maitresse de Qasim bey Fahmi, il accepte, même si celle-ci était peu de temps auparavant la promise de son ami Ali.

Et, bien qu’elle soit détestable, il accepte d’autant mieux cette situation de cocu officiel que sa femme et lui sont finalement d’accord pour en tirer tout le profit possible, et que l’ascension du couple dans la bonne société Cairote est fulgurante.

Las, cela attise les jalousies, et le scandale de la liaison entre le Bey, maintenant Ministre, et cette femme adultère est découvert. Le Bey s’en remettra. Mais Maghoub et Ishane sont relégués dans une lointaine province, ayant perdu à la fois leurs illusions et leurs espoirs d’une vie meilleure.


Commentaires

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vendredi 20 février 2009 à 23h43 - par  sylvain

C’est finalement l’histoire toute simple de deux jeunes personnes dont les illusions sont brisées par un système corrompu, qu’ils ont cru maîtriser. Thème effectivement présent dans l’oeuvre de Zola, que ce soit Nana, "La faute de l’abbé Mouret", ou encore dans "La débacle".

Mais Zola ne juge pas ses personnages, ni ne donne de leçons sur ce qu’il convient de faire pour que ce soit "bien". Zola décrit, ses personnages sont trempés, mais c’est l’histoire qu’il se permet de juger, pas les protagonistes.

Ici, le ton est différent.

On sent deux courants de pensée antagonistes très forts dans ce livre.

D’une part une idée moderniste, critique de l’état de corruption de le société Cairote, ou tout se monnaye, que ce soit un mariage, un poste, un travail, et critique de l’état de soumission des femmes, perçues comme le moyen de s’élever dans la société. Ce côté là est plutôt sympathique.

Mais a contrario, sous-jacent, une grande sympathie pour les petits bourgeois, gentils et propres sur eux, qu’ils soient athées ou religieux, du moment qu’ils restent mesurés dans leurs propos, fidèles à leurs familles et à leurs racines, et sages dans leurs engagements. L’opposé de "La bête humaine" ou de Germinal.

Il est possible que ce parti pris puisse s’expliquer par la difficulté, dans les années ou ce livre a été écrit, d’exister en tant que culture Égyptienne (la mainmise occidentale sur l’Égypte est plusieurs fois citée), mais il n’empêche que cela diminue sacrément l’ampleur du livre, lu aujourd’hui.

Comparé à plusieurs des livres de Zola, qui restent des monuments même encore à ce jour, cet opus fait un peu étriqué.

Ce livre est néanmoins très agréable à lire, et fortement intéressant, comme témoignage de cette période. Mais ce n’est quand même pas du Zola, même si c’est écrit que la quatrième de couverture.

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