Crash !

jeudi 20 mars 2008
par  sylvain
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James Ballard a tué un homme dans un accident de voiture, devant les yeux de la femme de celui-ci.

A partir de cet accident, il développe une véritable obsession pour la tôle froissée, mêlant dans cet attrait érotisme, violence et rapport de domination et soumission.

Il se lie avec Vaugham, ex chercheur qui reconstitue et provoque des accidents pour assouvir ses pulsions morbides. Ce lien amène les deux hommes vers une forme de sexualité qui marrie voitures, chromes, lumières, chocs et volupté.

Mais Vaugham va plus loin, il cherche à créer l’accident "unique", qui lui permettra une union morbide avec une actrice célèbre. Il en meurt.


Commentaires

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jeudi 20 mars 2008 à 21h50 - par  sylvain

Ce livre est totalement surprenant.

L’histoire est simple : largement ébranlé par un accident grâve, le narrateur se lance dans une frénésie de sexe et de voiture. Il découvre un autre homme, encore plus ravagé que lui, qui meurt de ses fantasmes.

Et le propos est cru, terriblement cru. Chaque chapitre regorge de sperme, de sang, d’urine ou de blessures. Pas de description "littéraire" ou d’analyse d’états d’âme. Le suivi du narrateur, de ses expériences, de sa folie.

Mais le propose est complexe, néanmoins. La fascination pour les accidents me semble par exemple cacher un questionnement sur l’absurdité de la civilisation actuelle, que ce soit sous l’angle de la violence, de la pollution, ou du simple intérêt inutile des foules pour cet objet.

Renforcé par une mise en situation poussée à l’extrême de la relation à la voiture . Le héros transforme cet objet d’abord en objet de fascination, puis en lieu symbolique de vie, digne d’une adoration. On y copule, mais la jouissance vient de la voiture, pas de la partenaire, qui n’est qu’un réceptacle.

La voiture devient alors la finalité du machisme, jusqu’à la mort. Et c’est la femme de l’homme tuée au début, qui marque la voie de la sagesse : elle devient lesbienne, amoureuse d’une autre femme accidentée dont les blessures sont la source du plaisir. L’objet phallique est dompté.

J’ai eu du mal à entrer dans le texte, les premières pages semblent longues. Mais je n’ai pas regretté.

Juste une remarque : à la bib, ce livre est rangé en SF, ce qui est une erreur totale. C’est un roman tout à fait classique.

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