Rien ne nous survivra - Le pire est avenir

samedi 13 février 2010
par  sylvain
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Les jeunes ont pris le pouvoir. Par la révolte, et la soumission des vieux. Les plus de 25 ans sont morts, soumis en esclavage, ou déportés vers des ailleurs ou le vent de la révolution n’a pas encore soufflé.

Et les zones tenues par les Jeunes, comme le centre de Paris, sont devenues des terrains de jeux, type Mortal Kombatt. Dans l’esprit, 1 vieux : 1 point. Et si tu n’es pas de ma bande, tu n’as rien à faire dans mon bac à sable.

Quelques figures mythiques rassemblent néanmoins les Jeunes. Celle de Silence, par exemple. Silence, le Sniper qui a commencé par tuer Mère et Père, et ne s’est pas arrêté. Ou l’Immortel, qui cherche avec désespoir à devenir l’égal de Silence. Ou Vatican, celle qui organise le back-office de la révolution, la future mère de tous les peuples.

Mais quand on n’a que 20 ans à vivre, les 100 derniers jours sous la menace d’un ultimatum posé par les vieux unis de tous les pays, la vie doit être bouillante, brulante.

Et la révolution risque plus de se dissoudre dans les stratégies personnelles ou les détournements vers des chemins impurs, que dans la violence des combats contre les ennemis.


Commentaires

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mardi 16 février 2010 à 22h36 - par  sylvain

Un petit opus surprenant et un peu dérangeant, en fait, que cette livraison de Mlle Mazaurette.

Dérangeant, d’abord sur l’histoire. Les jeunes ont pris le pouvoir, et le gèrent de sans nuances. Mort aux vieux, et liberté pour tous, à tout prix. Finalement, une assez bonne extrapolation de la fracture liée à l’usage des réseaux sociaux comme facebook et twitter : d’une part des bandes ou groupes, qui se rapprochent sur des critères quelconques, et d’autre part, le reste du monde, sans importance car non connecté. Sauf que là, c’est pas du jeux. C’est réel, ça saigne, et ça venge des publicistes, des pédophiles et autres profiteurs.

Le reste, malheureusement, est plus classique. Toute révolution génère ses justes, et par opposition, ses rebut. Saint Just (Trotsky...) et les autres ont fini sur la guillotine, lorsque les profiteurs (Napoléon, Staline...) ont récupéré le pouvoir. Là, c’est pareil, avec une opposition entre plusieurs figures mythiques de la révolution, telle qu’on les retrouve autant dans les livres d’histoire que des les sagas guerrières depuis des siècles (ça a du commencer vers la guerre de Troie, ce qui ne nous rajeunit pas).

Mais il faut reconnaitre néanmoins que le styles est sympathique, que l’énumération des jours, un peu fastidieuse au début, est ensuite amusante, et que les quelques personnages principaux sont bien réalistes. Presque malheureusement, d’ailleurs.

Et cela amène la question qui tue : mais pourquoi une jeune femme bien dans son siècle, telle une Mary Shelley d’aujourd’hui, se met à nous écrire un truc aussi horrible. Ces jeunes qui meurent avec plaisir, qui se repaissent des massacres de leurs géniteurs, qui sont tellement désocialisés qu’il ne construisent rien de durable, et en sont fiers. Car autant les révolution précédentes portaient en elles un espoir de monde meilleur (si, si, enfin au début), autant là, ce n’est finalement pas viable, ce jeunisme. Et ça le revendique.

Si j’osais, je poserais la question directement à l’auteur, via son site, mais comme je suis vieux (du moins à l’aune de ce livre), je n’ose pas faire un mouvement qui me ferait repérer. Alors, si vous avez moins de 25 ans, que vous vous questionnez aussi sur ce sujet, merci d’envoyer la question à Maïa.

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