La malédiction d’Edgar

lundi 23 mai 2011
par  jackie
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Raconté par Clyde Tolson, son adjoint et amant, cette chronique relate le parcours de John Edgar Hoover qui fut le patron du FBI pendant pès d’un demi siècle. Il a contribué à faire et défaire toutes les élections présidentielles. Préparant des dossiers sur tous les personnages qui comptent ou qui pourraient compter un jour, il s’était rendu incontournable, indétrônable, quel que soit le niveau d’inimitié qu’il entretenait avec le président une fois élu.

Tout au long de sa vie, il s’est acharné autant à s’agriper à son poste qu’à défendre une certaine conception de l’Amerique (libérale, conservatiste, républicaine). Il s’est érigé en gardien de la morale, coûte que coûte, convaincu qu’elle s’effondrerait sans lui, mais aussi et surtout qu’il s’effondrerait sans le FBI. Il ne pouvait supporter que le peuple choisisse une autre voie. Usant de méthodes pour le moins directes, il a combattu avec force tous les courants de pensée jugés subversifs comme le communisme, la psychanalyse, les mouvements anti-racistes ou les déviances, telles que l’homosexualité - qu’il pratiquait pourtant, sans l’assumer. Il épargna pourtant le crime organisé, avec lequel il entretenait des relations "de bon voisinage", tant il le considérait tantôt comme un allié, tantôt comme un mal nécessaire.


Commentaires

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vendredi 3 juin 2011 à 20h18 - par  sylvain

ET pour tout dire, je partage totalement ton avis, Jackie.

C’est un bouquin q’il faut lire pour comprendre les dessous de la politique, aux US, mais aussi dans les ailleurs que les US dominent (Cuba, par exemple), et probablement aussi en Europe, même si les moyens sont un peu moins visibles que ce qui est décrit dans ce livre.

Comme tu le dis, Hoover, c’est un mélange indescriptible de confiance en soi et de défiance envers les autres, de manipulation à double ou triple détente, un art de rester au pouvoir pour imposer des vues qu’on (Hoover) pense les bonnes, même s’il ne les pratique pas. Les descriptions des Kennedy, recoupées par des informations historiques diverses, sont aussi très éclairantes de ce qu’est le pouvoir en Amérique : un rideau de bonnes manières cachant un cloaque puant de pratiques misérables.

A la lumière des événement récents, c’est d’ailleurs amusant. ETL (à une lettre près) pouvait coucher tout ce qu’il pouvait, et USPO tripoter les pieds des autres, rien ne filtrait. Jusqu’à ce que, finalement, leurs pouvoirs déclinent, et qu’il ne faille faire des exemples. A tout le moins, la chape de plomb s’est levée.

Bisous

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lundi 30 mai 2011 à 22h15 - par  jackie

Il me semble que tu l’as lu également. Qu’en as-tu pensé, Sylvain ?

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mardi 24 mai 2011 à 22h52 - par  jackie

Vous, qui n’avez jamais compris que ces texans des Bush aient pu parvenir à ce poste suprême, ni qu’on ait justifié la guerre en Irak avec un tel mensonge, lisez ce livre. Vous allez tout comprendre, les rouages de la politique, la philosophie Américaine, c’est un vrai cours de civi américaine. Les pères fondateurs, le libéralisme, le conservatisme, la culture du pêché, cet équilibre subtil entre le puritanisme et la débauche non assumée, cet esprit tellement pragmatique, basique, binaire : communiste ou pas, subversif ou pas... le passage où Clyde essaie de comprendre Camus et l’existentialisme est assez éloquent. Hoover est une sorte de synthèse de cette philosophie.

Bien qu’il ait quitté le pouvoir en 72, il faut croire que l’ombre de Hoover ait continué à planer sur les élections américaines. Vous comprendrez pourquoi l’Amérique a toujours besoin de combattre un ennemi extérieur : le communisme à son époque (le Mac Cartisme), le terrorisme aujourd’hui ? Le parallèle est tentant. A se demander s’ils ne l’ont pas inventé exprès, pour mieux l’instrumentaliser. Ce qui a changé, tout de même depuis l’époque Hoover, c’est que Clinton ou Obama ne se soient pas faits assassinés (enfin pas encore).

Revenons au bouquin. Je l’ai trouvé très instructif, très éclairant. Cependant il aurait gagné à être un plus concis : les explications détaillées des diverses opérations rendent la lecture un peu longue parfois. Quand même, lisez-le.