Les cadavres en fleur

dimanche 25 août 2013
par  sylvain
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Fulbert est rentier. Pour passer le temps, il a acheté une épicerie, mais il déteste les vieilles peaux, qui sont quand même celles qui passent le plus de temps à ne rien acheter dans les rayons. Le seul avantage de cette épicerie, c’est d’avoir rencontré Mme Y, car quand elle est morte, Fulbert a pu récupérer son chien, qui avait un air intelligent.

Cet air intelligent, ça le changeait de Cindy, cette jolie femme qui l’accompagnait souvent, partout, et qu’il avait fini par épouser. Cindy était un piaf qui s’ignorait, et pas une fleur. C’est joli, mais c’est gênant, un piaf. Il y avait aussi les parents de Cindy. Son père, qui ressemblait à un cochon, et qui avait trouvé un travail pour Fulbert, pour qu’il s’occupe. Et sa mère, qui ressemblait un peu à une girafe, mais qui avait la gentillesse de venir déjeuner avec Fublert, le midi, lorsque celui-ci travaillait.

Ca n’a pas duré longtemps, ce travail, notons bien. L’entreprise n’est pas un lieu idoine pour les fleurs, et des contraintes d’organisation aussi futiles que de passer des commandes de fournitures une fois par an peuvent vraiment rendre infernale la vie de bureau, surtout quand on n’a plus de post-it.

Enfin, Fulbert a trouvé sa voie. Quand le chien Rabbin est mort, avec l’aide du lieutenant Poète, il l’a transformé en fleur. Quand Cindy a assommé Poète, c’est Poéte qui est aussi devenu fleur. Cela faisait joli, dans le grenier, ces fleurs côte à côte. Puis Cindy a exagéré, et Fulbert a du la transformer elle aussi, ainsi que quelques autres, passés par là, comme le Cochon ou Amandine, si jolie en fleur...


Commentaires

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lundi 26 août 2013 à 23h25 - par  sylvain

J’ai trouvé cet opus à la Nuit des Livres d’Esquelbecq.

Moult auteurs présentaient leurs ouvrages, le plus souvent avec des airs sérieux à faire fuir un éventuel chaland. Mme Soury, elle, regardait d’un air goguenard les badauds passer. L’air de dire : "de toutes façon, trop bien pour vous". J’ai relevé le défi.Et je n’ai pas regretté.

L’histoire de cet asocial est bien évidemment irréelle et décalée, mais la façon de raconter cette vie est très vivante. On a tous, à un moment ou à un autre, éprouvé ce qu’éprouve Fulbert, pensé que "nous ne sonnions pas juste", "que les vieilles peaux, c’est inutile", et rêvé de conserver éternellement certaines de ces jolies fleurs que nous avons recentrées.

ici, c’est mis en musique par une histoire un peu triste, mais drôlement bien racontée.
A essayer sans hésiter.

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