L’Enquete

dimanche 23 janvier 2011
par  jackie
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L’Enquêteur est chargé d’enquêter sur des suicides dans l’Entreprise. Quand il arrive par le train, il neige, les rues sont vides. Après des heures de recherche, il atteint le Poste de Garde, trop tard, fermé. Transi de froid, exténué, il cherche un hôtel, mais il est tard, il semble fermé. La Géante lui ouvre tout de même, lui fait subir de nombreuses formalités et ingurgiter le règlement intérieur. C’est à ce prix qu’il obtient une chambre, une chambre immense, fenêtres murées, dotée d’une salle-de-bain ridiculement petite. Le matin, la salle du petit déjeuner est remplie de touristes qui se gavent de mets copieux. A lui, on lui sert un horrible jus de chaussette avec 2 bisquotes carbonisées. Puis il se fait arrêter par le Policier pour avoir malencontreusement arraché le porte-serviette dans les toilettes.

Après reconstitution des faits et interrogatoire, il finit par s’extirper de l’Hôtel et à se mettre en route pour l’Entreprise. Dehors il y a une à une Foule, compacte, impénétrable, pas d’autre choix que de suivre le mouvement. Il atteint l’Entreprise, le Garde, puis le Guide, enfin, le Responsable : « des suicides ? Première nouvelle… on me les aura sans doute cachés… pensez-donc, si j’avais été au courant, Dieu seul sait ce que j’aurais pu faire ! ».

Sa première journée se termine ainsi, au royaume de l’absurde, affamé, oublié dans un bureau vide.

La deuxième journée s’annonce pour le mieux. On lui sert un petit déjeuner copieux, certes au milieu des Déplacés, hardes d’hommes et d’enfants faméliques. Tout le monde est charmant avec lui, le Policier, le Garde, le Vigile. Tout va bien, puisque cette fois-ci il suit la ligne verte.


Commentaires

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mardi 25 janvier 2011 à 02h09 - par  jackie

C’est effectivement ce à quoi on pense dès le début du livre. Et puis non, pas tout à fait, c’est pire.

Le 1er jour, l’Enquêteur est traité comme un moins que rien, on lui confisque ses papiers, tout concours à le broyer, à le décourager dans son entreprise au sein de l’Entreprise. Il se retrouve dans la position de l’Etranger, je dirais même l’Immigré. Il débarque dans univers totalement déshumanisé parce qu’incapable d’éprouver la moindre compassion pour un homme affamé, assoiffé, malade.

Le deuxième jour, c’est l’inverse. Sauf que, cette fois c’est lui qui n’éprouve aucune compassion : il se goinfre devant les Déplacés, sous les yeux d’un enfant famélique. En a-t-il jamais éprouvé d’ailleurs ? Au moins cette fois tout le monde le considère, le Policier, le Serveur, le Garde, ça y est, il en fait parti.

Pendant la 1ère moitié du livre, les situations rencontrées par le personnage sont tellement ubuesques que c’est drôle. On est dans un univers kafkaïen, pur jus (il paraît que Kafka riait beaucoup de ses histoires absurdes). Suffisamment absurdes en tout cas, pour qu’on ne récole pas vraiment les faits avec notre réalité, même si on perçoit bien des critiques acerbes de nos sociétés modernes. Ça pourrait être un roman de SF.

Et puis plus on avance, plus les situations ici et là interpellent, se rapprochent de notre réalité. L’atmosphère devient de plus en plus oppressante, sinistre. Le monde est déjà complètement déshumanisé, l’arrière du décor sera totalement effroyable, un monde sans espoir, où le suicide apparaît finalement comme le seul échappatoire.

Bien que très différent du roman les « Ames grises », j’ai eu cette même sensation de glisser inexorablement vers le désespoir (les raisons d’espérer en l’Homme sont presque inexistantes, à peine y croit-on quelques pages çà et là que votre espoir est déçu) et à la fin, on descend encore d’un cran.

C’est dur, presqu’insupportable (parce que crédible). Alors, tout dépend de son état d’esprit. A éviter lorsqu’on est un peu déprimé, ou d’une nature pessimiste. Je ne regrette pas ce livre, mais je préfère lire plus souvent des auteurs qui me donnent des raisons de croire en l’humanité.

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lundi 24 janvier 2011 à 08h23 - par  sylvain

Sympa, ton résumé. Quelque chose à voir avec une grande entreprise travaillant dans le domaine des télécoms ?

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