Eternity incorporated

lundi 23 avril 2012
par  sylvain
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Sous la bulle, une société humaine. Quelques dizaines de milliers d’humains don tels ancêtres, cinq siècle auparavant, ont échappé au Virus. Dehors, tous sont morts, la nature a reprise ses droits.

Et on dit qu’il y a des mutants. On, c’est l’Ordinateur, cette IA qui régente absolument toute la vie dans la bulle, depuis la production d’oxygène jusqu’à la commande des brigades de citoyens qui font les réparations de la bulle, à l’extérieur. Et dont certains, infectés par le Virus, ne rentrent jamais.

Jusqu’à l’Extinction. Arrêt du Processeur, l’humanité est livrée à elle même. Mais assez vite, l’enquête révèle des détails troublants, comme le fait que le Processeur livrait lui-même les drogues psychotropes aux dealers, qu’il composait de la musique, et même qu’un de Ses avatars était l’amant de la responsable des Interfaces.

Dilemme 1 : comment décider, qui doit diriger. Besoin de ré-apprendre, parfois dans la violence, la nécessité d’un dialogue démocratique. De l’expression acceptée des pensées les plus diverses. Sous peine de dérive des plus fasciste.

Dilemme 2 : mais quelle est la vérité, dans ce monde où les présumés mutants sont en fait d’anciennes races animales qui ont survécu au Virus, et ou il est, finalement, tout à fait possible de vivre au Dehors sans scaphandre, sans mourir dans d’atroces souffrances...


Commentaires

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lundi 23 avril 2012 à 23h42 - par  sylvain

Lire ce livre en ces temps d’élection et d’opposition entre une droite déboussolée qui se cherche du côté d’un front de la facilité démagogique et poujadiste, et une gauche qui peine à considérer qu’elle pourrait rassembler des mouvements aussi divers qu’un PS cacochyme, la nouvelle CCCP (Challenge Communiste Comme Papa) et des écolos, si tant est que ces derniers arrêtaient de juger, au profit de discussions menées dans l’optique de faire, et bien, c’est décapant.

L’histoire en elle-même est bien menée, un huis clos à plusieurs milliers de personnes, ayant vécu sous la houlette d’un démiurge en silicium, et lui ayant abandonnée tous les choix permettant la survie de l’espèce. Une norme sociale assez stricte, et égalitaire au point fe tirer au sort les "élues et élus" chargés de porter la voix du Processeur, quasi divinité garant de l’équilibre de la cité. Avec quand même les quelques déviances gentillettes permettant tous de vivre, même ceux pour qui l’imagination est une nécessité. Et à la mort du démiurge, en l’absence de dauphin assumé, c’est le souk. Un souk qui s’installe peu à peu, mais aussi insidieusement et certainement que ... dans chacune des religions du livre, après la mort du Prophète.

Avec une morale amusante : en fait, le Processeur s’en battait l’oeil, des humains. Cela faisait longtemps qu’il avait d’autres terrains de jeux, plus éthérés, mais plus adaptés à ses propres besoins et potentialités, avec ses copains Processeurs.

Pour un peu, on se risquerait à des analogies plus civiles, mais aussi plus récentes. Etre gouverné par un pantin à la solde de puissances occultes, ça ne vous dit rien ? Loin, il y a évidemment Kim Jong Il, par exemple. Lui, c’est le Tyran dans toute sa splendeur, une parole qui devient réalité par la magie du verbe (Génèse, au secours), à la solde de sa propre splendeur et de celle de sa famille. Moindre, l’Egypte, la Tunisie...

Mais plus proche, beaucoup plus proche, vous savez, un Gouvernement mettant à l’abri les amis du Fouquet’s derrière un bouclier certes fiscal, mais bien réel. Et une scission entre un groupuscule d’élites, et le reste de la plèbe, tenue en laisse par quelques gadgets électoraux, et des promesses de rasages payés dans un futur radieux.

Et quand le roi décède, les gens de bonnes volontés, ceux qui ont porté la révolution, sont submergés par des extrêmes radicaux et à la pensée simpliste. Une vague bleue, par exemple. Des frères, ailleurs. Jocelyne me dirait sans aucun doute que les philosophes grecs avaient déjà écrit tout cela, c’est certain, aussi certain que le fait que je sous incapable de citer l’auteur en question.

Mais par contre, je suis sûr qu’il est bon de rappeler avec les mots de chaque époque que l’harmonie d’une société ne peut se construire que par un engagement généreux de la majorité, fût elle riche, et une forme de mise à l’index des profiteurs, fussent-ils pauvres.

A sa façon, c’est un peu l’histoire que nous conte cet opus. Malgré cela, je n’ai pas trop aimé la fin, écrite sous une forme maniérée, et le symbole du couple partant re-peupler le monde est un peu trop gentillet (on y verrait assez facilement un Arche, dans ces moyens modernes de déplacement du XXXème siècle).

Cela étant, ça mérite carrément d’être lu.

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