Charlotte

samedi 11 octobre 2014
par  sylvain
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Il y eut d’abord la soeur de sa mère.

Ce fut rapide et définitif, un pont de Berlin, un saut, et puis, plus rien.

Sa mère, adolescente à l’époque, ne s’en remit jamais réellement.

Mais elle épousa Albert. Albert, qui vint avec des fleurs, amener de la couleur dans leur maison.

Et il y eut Charlotte. Un si beau bébé.

Mais, bientôt, la mère disparut, elle aussi. D’une fenêtre, cette fois.

On ne dit rien à Charlotte, seulement qu’il fallait qu’elle attende sa mère, qui allait revenir comme un ange.

Mais elle ne revenait pas.

Après quelques temps, ce fut Paula qui arriva, avec son père. Paula, son chant et tous ses amis, qui réjouissaient la maison.

Et Alfred.

Alfred, qui troublait tellement Charlotte.

Alfred, qui s’intéressait à Charlotte, qui voyait ses dessins et lui disait qu’elle était douée.

Et puis ce furent les années noires. Il fallait porter l’étoile.

Ou partir.

Chalortte partit, retrouver ses grands-parents près de Nice.

Là, pour se rappeler, elle peint.

Mais la haine des Juifs fût plus forte. A 26 ans, elle mourut dans un camp.


Commentaires

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samedi 22 novembre 2014 à 11h45 - par  sylvain

Après qu’il ait obtenu le Renaudot e le Goncourt des Lycéens, que dire sur cet opus qui n’ait été dit, décortiqué, répété à l’envie sur toutes les ondes et tous les journaux ????

Je m’en veux donc terriblement de n’avoir pas fait mon commentaire plus tôt, pour cause de lunettes perdues, cela m’aurait donné l’illusion d’avoir de l’avance sur tous ces gens très savants.

Parce qu’il faut reconnaître à cet opus une sacré puissance.

L’histoire est simpliste, une femme issue d’une famille broyée par le sort évacue son mal être par l’Art, mais, Juive, elle est déportée et meurt dans un camp.

Mais la forme de cette écriture est un réel challenge. Une sorte de poésie libre, un texte fait de phrases très courtes, donne à la fois une sorte de légèreté et de profondeur à l’histoire.

De la même façon, le choix de l’auteur de s’assumer en tant que "celui qui raconte", mais avec distance, donne un relief très particulier à l’opus.

Voilà, j’ai bien aimé, et je vous conseille franchement de le lire.