En caravane

jeudi 11 septembre 2008
par  sylvain
popularité : 68%

Nous sommes au début du XXème siècle. Un baron prussien et son épouse décident, poussés par la faiblesse de la dépense, de passer leur vacances en caravane, en Angleterre, avec quelques Allemands, mais aussi quelques anglais.

Pour le baron, rien ne va comme il le devrait. Certes, la plupart de ses compagnons sont de noble naissance, mais il y a même un socialiste. Et les anglais sont anglais. C’est à dire différents. Jusqu’à son épouse qui se met à prendre quelque indépendance, poussant l’audace jusqu’à ne pas lui répondre, à lui, Otto, son mari.

Et pour les autres, les préjugés du baron, son petit esprit de caste, ses réparties imbéciles... tout cela transforme cette escapade en horreur. Qu’il faut bien supporter, au moins une semaine, avec dignité et calme. Mais pas plus d’une semaine.


Commentaires

Logo de sylvain
jeudi 11 septembre 2008 à 22h02 - par  sylvain

Le style est très agréable, l’histoire de ce gros balourd de comte Prussien, imbu de son absence de culture, est très bien menée, et très amusante.

Mais plus encore que l’amusement devant une histoire de gros lourd qui sent le vécu à plein nez, l’étonnant est à la fois la modernité et les prémonitions qu’on découvre dans ce livre, écrit vers 1909.

D’une part, le modernisme de la pensée féministe : l’opposition entre cette société allemande qui marie ses filles comme on mène des génisse au taureau, et l’Angleterre, ou déjà les femmes sont les égales de l’homme (au moins dans la bonne société) représente, pour l’époque, quelque chose de très fort. La naissance Australienne, société plus "naturelle" que l’Angleterre, y est probablement pour quelque chose. Mais chapeau, Mme Von Arnim, il n’a pas du être facile d’être publiée, à l’époque.

Et d’autre part, l’insistance sur l’opposition entre l’imbécilité belliciste de Otto, et la politesse ferme et déterminée des anglais semble déjà indiquer que les deux guerres qui vont suivre sont inéluctables. Et que seuls les anglo-saxons pourront les gagner. Parce qu’ils ont quelque chose de plus que les Prussiens, et les Français, assez absents du livre (alors que Mme Von Arnim connait la France) : l’intelligence des situations, et le flegme qui permet de garder le contrôle des situations, même les pires.

On peut se passer de lire ce livre. Mais, quand même, ce serait dommage de le rater.

Navigation

Mots-clés de l'article