L’embellie

dimanche 6 janvier 2013
par  sylvain
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Quand elle a renversé l’oie, sur le chemin vers son amant, elle a surtout pensé qu’il fallait de la farce, pour que la sauce soit grasse, et que cela fasse disparaitre les traces de pneu sur le volatile. Et donc, qu’il fallait qu’elle se dépêche, à la fois pour flirter, puis signifier son congé à cet amant, puis rentrer chez elle en passant par le magasin.

Et arrivé à la maison, bien que le mari ait laissé une assiette pour qu’elle puisse manger, elle sent bien que la situation n’est pas normale. Et son mari lui explique qu’il est bientôt père, Nina étant la mère. Et que donc, il la quittait. Après un dernier diner avec elle, néanmoins, car une oie, toute seule, c’est trop.

Finalement, comme le disait Audur, sa copine, au téléphone, c’est une possibilité de grand ménage. Les hommes, c’est bien, mais de là à en faire des pères, quand même, il ne faut pas exagérer. Et comme Audur devait rentrer pour quelques semaines à la clinique, elle lui demande de s’occuper pendant ce temps de son fils, Tumi, un enfant un peu difficile avec son audition et sa vision très affectés.

Le plus simple est alors un long voyage vers l’ouest, par la nationale 1, celle qui fait le tour de l’ile. De préférence en limitant les coups d’oeil au rétroviseur au strict minimum, car il s’git de rencontrer un nouveau futur, pas de contempler le passé. Mais ces terres de l’Ouest sont aussi les terres de la jeunesse, chez la grand-mère. Cette maison ou tous les amis passaient, des jeux, parfois érotiques, avec les cousins. Novembre est un mois suffisamment sombre, par contre, pour que le passé en remonte pas trop vite, mais qu’un futur, comme le soleil nouveau, se dessine.


Commentaires

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dimanche 13 janvier 2013 à 21h59 - par  sylvain

Le problème, avec ce livre, c’est de s’arrêter. Non que l’intrigue soit haletante ou que le style soit inoubliable, mais c’est un peu comme un glacier : cela avance et vous impose sa présence, son existence.

Et avec jubilation, en sus. Ce qui fait qu’on ne peut se décoller qu’avec la plus grande peine, et juste pour quelques actes essentiels comme manger, dormir ou aller travailler de cette intrigue qui explicite le chemin d’une jeune femme entre sa vie de post adolescente blessée vers une vie de femme bien dans sa peau, et attachée à la vie. Grace à quelques hommes, dont Tumi, cet enfant handicapé, probable symbole des handicaps relationnels de l’héroïne, qui compense ces problèmes par d’autres capacités et qui, au fur et à mesure de l’histoire, prends la place centrale dans la vie de cette femme, celle qu’elle même devrait avoir pour elle. Celle, peut être aussi, de l’enfant qu’elle semble avoir porté très jeune. Et abandonné.

L’opus image avec bonheur une façon de vivre bien loin de nos préoccupations : que ce soit chez Balzac, Tolstoi, Dostojevski, Flaubert et tous les auteurs Romantiques, l’intrigue se repait de l’analyse des émotions, des sentiments, des pensées profondes des protagonistes, qui se mettent dans des états parfois ridicules (suicide, héros) pour donner plus d’acuité à leur vanité. Au point qu’un auteur célèbre (je crois que c’est Hugo) à donné comme titre "tempête sous un crâne" à un chapitre d’un de ses livres. Nous avons tout pour vivre heureux, créons nous des problèmes, les résoudre occupe. Et un absolu quelconque (un Dieu, une religion, des idées) permettent de donner une référence au nom de laquelle aller pourfendre tous les autres.

ici, c’est différent. Le fait de vivre plusieurs mois par an dans la nuit polaire, que simplement sortir de chez soi puisse être un danger mortel, et que la nature soit une présence qui impose sa loi, sont probablement des raisons qui modifient profondément les rapports entre les êtres. Pourquoi se poser des questions, alors qu’on ne sait pas si on se reverra. Comment et pourquoi en vouloir à quelqu’un alors qu’on a mieux à faire dans le peu de temps qui nous reste ? C’est assurément simpliste, mais j’ai ressenti cela comme une grande force de vie, un souffle qui traverse cet opus : un "grand" voyage de quelques centaines de kilomètres, pour se ressourcer, se retrouver. Je vous avoue, j’ai bien aimé, et préféré encore cet opus (L’embellie) à Rosa Candida.

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