Déloger l’animal

samedi 30 mai 2015
par  sylvain
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Rose est un peu différente, vraiment pas grande, un peu forte, elle ne fait pas ses 14 ans. Et la journée, elle va à l’Institut, ce qui laisse à Rose, la mère, le temps d’aller travailler au magasin de bonbons.

Et à Monsieur Loyal, le père, la possibilité d’aller travailler dans son cirque. Il arrive parfois, quand Monsieur Loyal n’est pas là et que Rose rentre seule de l’Institut, qu’il y ait des amis de Rose, la maman, à la maison. Et dans ce cas, Rose demande à Rose (la fille) d’aller dans sa chambre. Et Monsieur Loyal ne voit rien, car Monsieur Loyal ne voit jamais rien, et s’il voit, il ne dit rien, car Monsieur Loyal ne dit jamais rien.

Rose la maman parait parfois tellement loin dans ces rêves, probablement des souvenirs de Markus, le vrai père de Rose, celui qui a giclé, qu’il semble à Rose la fille qu’elle vivent sur deux planètes. Aussi, un jour, Rose à sauté par la fenêtre de l’appartement.

Le store de Mme Isis l’a sauvée, mais elle est quand même allée à l’hôpital. A son retour, Rose la mère avait disparue. Monsieur Loyal restât toujours aussi gentil, encore que parfois il arrivait à Rose de se demander s’il n’avait pas des pensées de sodomie derrière la tête, mais non, et Mme Isis prit une place plus importante dans la vie de Rose.

A la fin, il fallut néanmoins se rendre à l’évidence, Monsieur Loyal était bien son père.


Commentaires

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samedi 20 juin 2015 à 12h16 - par  sylvain

Cela faisait plusieurs années que je n’avais rien lu de Mme Ovaldé. Et dès les premières lignes, j’ai retrouvé l’ambiance décalée de ses opus, décalée sur les situations, ici un couple trop dissemblable pour être heureux, et une jeune fille, peut être un peu spéciale, mais avant tout fine observatrice de la réalité des adultes, et pleine d’une imagination débordante.

Mais décalée aussi sur l’usage des mots, de la syntaxe et de la grammaire. Mme Ovaldé, à l’exact inverse de Mme Nothomb si rigoureuse dans son expression, invente un langage, très proche du langage usuel, mais "à côté".

Deux autrices qui chacune à sa façon invente un monde à elles, avec deux procédés totalement différents, mais tout aussi magique.

Dieu que c’est bon de lire, et heureusement qu’il a créé la femme, ça fait quand même de sacrés opus à dévorer.