L’equation africaine

lundi 8 octobre 2012
par  jackie
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Kurt vit à Frankfort avec Jessica. Lui est médecin, elle, a une belle carrière. Ils ont une belle maison, et vivent une merveilleuse histoire d’amour depuis 10 ans. Sauf que depuis quelques mois, Jessica est distante, elle rentre tard, jusqu’au jour où il la retrouve morte, dans la baignoire : Jessica s’est suicidée.

Kurt perd pied. Pour le sortir de là, son ami Hans, lui propose de l’emmener en mission humanitaire aux Comores. Ils embarquent sur le voilier de Hans : Charm el-Cheikh, Port Soudan, Golfe d’Aden. Là ils sont interceptés par des pirates, leur mousse, est jeté par dessus bord, direct, pas monnayable. Et là commence leur descente aux enfers. Mal nourris, mal traités, trimbalés d’un lieu à un autre, le désert, les privations, les brimades. Le capitaine Gerima, le chef Moussa, le poète Joma, leurs ravisseurs ont des personnalités lunatiques, entre sauvagerie gratuite et envolées lyriques, entre revendications révolutionnaires et autoritarisme. Les semaines, les mois passent, leurs ravisseurs semblent de plus en plus désœuvrés. Les 2 amis sont rejoints par un Français, capturé depuis bien plus longtemps encore, dont ils ne semblent pas réussir à obtenir une rançon. Puis Hans est séparé, car d’une famille riche, il est plus "bankable". Le groupe de ravisseurs se disloque aussi : peut-être bien que le chef Moussa s’est barré avec la prime.

Chaque jour en vie est une victoire, mais comment ne pas plonger dans la folie la plus totale lorsqu’il n’y a aucune perspective, lorsque chaque jour est pire que le précédent. Eux, les occidentaux favorisés, se prennent la réalité africaine, ou plutôt une réalité africaine, en pleine tronche.


Commentaires

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samedi 10 novembre 2012 à 21h09 - par  sylvain

Et bien alors, Jackie. Toujours pas de commentaire ?

Tant pis, je me lance.

Pour dire que je n’ai pas complètement adhéré à ce livre. C’est le deuxième opus (dans ceux que j’ai lu) de M. Khadra qui traite directement de la transformation d’un homme paisible en brute sanguinaire. Dans "A quoi rêvent les loups", c’est la pauvreté et la corruption qui transforment un homme jeune en Jihadiste. Ici, c’est le désespoir et la douleur de la perte des êtres aimés dans un attentat.

Et c’est totalement probable. L’Afrique de l’Ouest se meurt, le peu de civilisation et de culture qui reste est à la merci des événements tragiques qui ensanglantent journellement les rues des villes. On le constate tous les jours à la télé, même si les images ne rendent visible la douleurs des populations qu’au premier degré, et qu’imaginer l’impossibilité de vivre, de grandir dans un tel lieux est simplement hors de portée de nos mentalités d’Européens, trop occupés à nous plaindrais des méfaits de la crise.

Sur le fond, M. Khadra a raison, mille fois raison. Il explique, tout en condamnant sans équivoque l’imbécilité de ces rebellions purement intéressées (dans cet opus), ou des engagements religieux hystériques (dans les loups).

Sur la forme, j’ai apprécié la première partie du livre, descente aux enfers des deux protagonistes, mais moins la deuxième, qui présente en parallèle la compréhension de la vérité Africaine par le héros, et la renaissance de sa vie sentimentale, grâce à son engagement.

Plusieurs semaines après avoir lu l’opus, je me rends compte néanmoins qu’énormément de détails sont encore très présents dans ma mémoire, et que j’ai été a minima touché par l’entrelacs des vies entres les quatre principaux protagonistes : les Européens qui aiment l’Afrique, les Africains qui cherchent tout simplement à vivre, mais qui n’y arrivent pas.

Un sentiment pour conclure mitigé : un peu déçu en fermant le livre, mais à la réflexion, un livre plus touchant qu’il n’y parait.

Et toi, Jackie ?