Le chapeau de Mitterand

samedi 5 octobre 2013
par  sylvain
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Passant une soirée solitaire, Daniel s’offre un repas dans une bonne brasserie parisienne. Après quelques instants, un groupe de trois personnes s’installe à la table adjacente : François Mitterrand, Roland Dumas, et un inconnu. Daniel fait durer son repas, pour bénéficier le plus longtemps possible de cette proximité qui le fait rêver.

Les convives partent, et Daniel s’aperçoit que François Mitterrand a oublié son chapeau. Après quelques instants d’hésitation, Daniel s’en empare et s’en couvre. Le chapeau lui va, il quitte le restaurant terrorisé, mais heureux de son larcin.

Le lendemain, il s’impose en réunion, et se voit offrir une promotion qui change sa carrière. Mais il oublie le chapeau dans un train, et c’est maintenant une jeune femme, maitresse depuis trop longtemps d’un homme marié à qui elle offre quelques rares nuits d’amour et de longs moments d’attente qui s’en coiffe.

Le soir même, celle-ci quitte son amant, et se met en quête d’un amour véritable et partagé. Mais elle ne souhaite pas garder ce chapeau qui lui a donné la force de s’évader de la prison qu’elle s’était elle-même créée, aussi pose t elle le couvre-chef sur un banc, espérant qu’il sera emmené par un nouveau propriétaire...


Commentaires

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vendredi 11 octobre 2013 à 23h00 - par  sylvain

De prime abord, l’histoire est juste amusante et très bien écrite, ce qui est déjà pas mal quand on ouvre un livre.

Et puis, au fur et à mesure de la lecture, plusieurs compréhensions s’emmêlent.

D’abord, celle qui est cherchée, l’effet magique du couvre-chef, l’objet dont la seule présence donne à qui le porte une assurance qu’il n’aurait pas dans un autre contexte. Mitterand est-il devenu ce qu’il est grâce à son chapeau, à l’instar des autres protagonistes de l’histoire ? Chapeau amulette ?

Mais on glisse vite vers une autre image : ne serait-ce pas la puissance de l’homme qui l’a porté qui s’incarne dans l’objet, et se répands sur les autres porteurs comme pourrait le faire un parfum, une phéromone secrète du pouvoir, ou les réminiscences de l’esprit accrochées au feutre. Chapeau ostie, apportant un souffle quasi divin à ses possesseurs...

Et puis, in fine, après les dernières pages, je me suis dirigé vers une vision plus classique du pouvoir du chapeau : il est devenu pour ma lecture de l’opus l’élément nouveau qui trouble un réel trop régulier, trop lassant, il est simplement le déclencheur d’une prise de conscience douce de la nécessité d’un retour aux valeurs qu’on peut associer à un chapeau (allez, faites moi plaisir, dites moi lesquelles).

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