Fleur de Tonnerre

dimanche 12 mai 2013
par  jackie
popularité : 68%

Hélène Jegado est née en "Basse Bretagne", dans le Morbihan au début du XIXème, à une époque où courraient encore les légendes les plus extravagantes. Le soir, au coin du feu, il était question de Korrigans et surtout de l’Ankou, serviteur de la mort, chargé de collecter les défunts avec sa charrette (karrigell) qui grince (wik wik wik). Un commerçant itinérant venu collecter des cheveux dans son village, avec une charrette en fit les frais : croyant reconnaître l’Ankou les femmes se précipitent sur lui pour le piquer et même lui crever un oeil avec leurs épingles à cheveux.

C’est dans ce contexte qu’Hélène, surnommée "Fleur de Tonnerre" grandit, ainsi que son imaginaire. Son premier méfait, elle le commet sur sa mère en empoisonnant sa soupe avec des baies toxiques. Puis elle part et sillonne la Bretagne en se présentant comme cuisinière, par ailleurs très appréciée. A chacune de ses places elle empoisonne une ou plusieurs personnes, elle empoisonne à tour de bras, avec sa soupe aux herbes, son gâteau sucré. Sans discrimination, des femmes, des hommes, des enfants, des vieillards, qu’ils soient adorables ou insupportables. Elle fait son office, elle est l’Ankou.

Longtemps insoupçonnable car compatissante au chevet des mourants, et si belle, si pure avec ses chevelure blonde, au fil du temps son vrai visage transparaît, tant elle a du mal à cacher son ironie, son attirance pour la mort.


Commentaires

Logo de jackie
vendredi 21 juin 2013 à 00h09 - par  jackie

Je ne sais pas si je m’habitue à son style ou si c’est parce que celui-ci sied mieux à cette thématique, mais comparé à Charly 9, j’ai mieux apprécié son humour la fois macabre et léger. Il dépeint une basse Bretagne et des bas-Bretons profondément arriérés, obscurantistes, à peine évangélisés, alors qu’on est tout de même au 19ème. J’imagine que c’est juste historiquement. Quand on pense Bretagne, on pense belles légendes, là, il ne s’agit que de superstitions pratiquées par des populations très pauvres rongées par la haine, la peur, ou la jalousie, il ne va pas se faire que des amis chez les bretons, le Jean Teulé.

J’ai tout de même trouvé une grande partie du livre un peu répétitive, les meurtres s’enchainent et se ressemblent, même si Hélène évolue dans son attitude vis-à-vis de ses victimes, et de son mode opératoire, c’est un peu toujours la même histoire : elle entre comme cuisinière dans une famille et en ressort après avoir décimé une partie, voire la totalité de la famille. On a beau essayer de lui trouver des circonstances atténuantes, elle a été élevée dans un contexte de superstitions macabres, parfois elle empoisonne des vielles mégères, ou des adolescents insupportables, mais non, elle s’attaque à des enfants de 2 ans, à un jeune homme qui l’a dépucelée la veille ou à des personnes charmantes. Non, il s’agit bien d’une tueuse en série que rien ne peut détourner de sa tâche. Elle est consciencieuse, appliquée, zélée.

Reste qu’il y a de belles scènes lyriques, drôles ou dramatiques : ces naufrageurs-pilleurs d’épaves, les bordels de Port Louis tenus par un curé défroqué, et surtout ces deux personnages totalement pathétiques, marchands de cheveux qui croisent sans cesse la route d’Hélène.

Navigation

Articles de la rubrique