Dernière nuit à Twisted River

samedi 11 juin 2011
par  sylvain
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Daniel est le fils de Dominic, le cuistot de ce camp de bucheron, dans un coin paumé du New Hampshire ou du Vermont, gelé l’hiver, à peine tiède l’été et plein de boue le reste du temps. Et Dominic couche avec Jane, la femme du Shérif, le Co-Boy et son Colt 45, prêt à toute les violence pour faire respecter sa loi.

Aussi, quand Daniel a eu tuée Jane d’un coup de poêle, la seule solution pour Dominic et Daniel fût de fuir. Et de laisser Ketchum, l’ogre bagarreur ami de son père, garder un oeil sur le Cow-Boy, pour vérifier qu’il ne savait rien.

Et donc c’est une fuite, chaque étape pouvant durer quelques années, jusqu’à ce qu’un détail ne vienne alerter le Cow-Boy, et nécessiter un autre départ. Vers d’autre lieux, d’autres femmes, mais toujours avec Dominic et Ketchum, là-bas.

Et 40 ans après les faits, c’est le Cow-Boy qui a tué Dominic, et la Mustang bleue qui a tué Joe, le fils de Daniel, celui qu’il a eu avec une femme qui se dévouait à empêcher les jeunes hommes de partir au Vietnam.

Et Daniel est devenu un écrivain connu, romancier à l’imagination fertile, racontant sans se lasser les épisodes d’une vie qu’il avait presque vécu, parce que dans un roman bine construit, il n’y a pas de coïncidences.


Commentaires

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lundi 20 juin 2011 à 23h30 - par  sylvain

Quand l’opus est simplement réussi, c’est déjà difficile de faire un commentaire d’un livre de M. Irving. Ici, le livre est tout simplement superbe, et faire un commentaire devient impossible. Quand on referme ce livre, c’est un peu comme si on sortait d’un monde, avec la sensation de s’être fait manipuler, mais d’en vouloir encore, plein, voire même plus.

Il faut dire que d’abord, l’histoire est excellente. Un fils, deux pères, une mère absente, une qui part, puis plein de femmes, qui passent. L’histoire éternelle de la difficulté d’être un mari, un père, et probablement encore plus l’ex amant de la mère défunte. Toutes les habitudes de M. Irving sont là, la mort d’un enfant, les complexité du couple, les séparations, l’attente de l’être entrevu, déjà aimé et pas encore connu. Comme dans "le monde selon Garp".

Mais l’histoire ne se contente pas d’être excellente, elle est conçue jusqu’aux moindres détails, car "dans un roman bien fait, il n’y a pas de coïncidence". Ecrire est un Art, Irving est un maître, et il le prouve.

Et c’est là que ça devient amusant. Car J. Irving écrit sur un écrivain, qui écrit sur des gens presque comme lui. Irving écrit-il donc sur presque comme lui. Devrions nous chercher, dans ces lubies, l’auteur. Ce serait trop facile, car il le fait dire à son héros, un livre, une histoire, c’est pareil sans être le même chose. On ne peut être auteur que si on a vécu, réellement ou en rêve, de quoi remplir plusieurs vies, en tout cas plusieurs romans.

A travers ces pères qui le suivent et l’aident, ces femmes qui passent sans rester, cet enfant qui meurt, J. Irving projette une crainte de l’accomplissement de soi, un repli dans une enfance éternelle. Enfance dont il sort, in fine, en écrivant les histoires qu’il aimerait qu’on lui raconte, a fortiori qu’il aimerait vivre. Et en conséquence, qu’il vit, comme auteur, penché sur la genèse de son roman. Il donne ainsi métaphoriquement la vie, celle que ses femmes n’ont pas donné avec lui.

Même si le début est déroutant, je m’y suis perdu avec un plaisir pas racontable. Essayez vite, c’est juste grand.

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