Outrage et rébellion

lundi 9 janvier 2012
par  sylvain
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En pension, on ne peut même pas dire que la vie soit pénible. C’est juste qu’on s’y ennuie. Surtout à l’adolescence. On a beau abuser des drogues, sucer (pour les plus jeunes), puis baiser, au bout d’un moment, c’est nul. Et surtout que le dehors est loin, carrément loin, presque illusoire.

Ne reste que la musique. Le cri. Primal, pour montrer qu’on vit. Surtout pour Marquis, le frère de Marc. Marc est un beau ténébreux, mais Marquis, qui lui ressemble comme un jumeau plus jeune, est ténébreux mais créatif. Un engouement nait, pour la musique de ceux-là. Trop, pour les monos. Marquis se suicide, Marc déserte. Vers le bas, les territoires des Rats. Avec sa musique.

Bizarre, car c’est le lieu de la fuite dans l’irréel, le virtuel tellement plus beau et agréable que ces couloirs pourris, sans eau et sans oxygène, loin d’une surface de toute façon totalement détruite par ceux des tours, les parents des enfants des pensions.

Mais la musique de Marquis prends. Elle ramène au réel, à la douleur, mais aussi au plaisir de vivre sa vie, à tout le moins d’essayer. Et donc à penser. A oublier que les tours sont puissantes, à espérer que la Terre pourrait redevenir un lieu de vie. Rébellion. Outrage à la toute puissance des parents des clones des pensions, enfants élevés uniquement pour disposer d’une banque de greffons, afin de rendre plus longue encore une vie de pouvoir et de plaisir.

La Musique, moyen de galvaniser les désemparés, s’est trouvée un symbole : Marquis, le greffon ultime, détruit par le pouvoir de ses parents. Espoir.


Commentaires

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jeudi 12 janvier 2012 à 21h56 - par  sylvain

Encore une fois pour cette auteur, un avis très mitigé.

D’une part, une histoire tout à fait intéressante et très bien construite. Des ados utilisés comme pièces de rechanges par des vieillards imbus d’eux/elles mêmes et de leur pouvoir, une terre détruite dans lequel les survivants n’ont plus que les sous-sols pour exister, tellement déphasés par rapport à la vie réelles qu’ils en viennent à vivre dans le virtuel et se font greffer des chattes sur le front. Et seule la musique peut renverser cet ordre établi. Le pouvoir de "Ca ira" ou autres chants révolutionnaires.

Même si l’énumération ci-dessus peut paraître déplaisante à certains (âmes sensibles s’abstenir), il y là matière à remplir plusieurs opus, car le fond est truculent et poussé plus loin que ce que j’ai pu lire par ailleurs. En cela, ce livre est, comme "le goût de l’immortalité", un sacré morceau d’imagination, à un point malheureusement trop rare.

Mais il y a un mais. Un parti pris de raconter l’histoire comme un suite d’intervention d’ados, montés comme une interview de plusieurs groupes correspondant aux personnages principaux des parties du livre, chacun intervenant avec son style, son vocabulaire, ses pensées, son analyse. Et donc un récit décousu, sans logique (inhérent tant à la forme qu’à la volonté d’illustrer l’état de certains de ces ados). Ca pourrait être drôle. 20 pages, peut être. Tout le livre, j’ai trouvé cela gonflant.

Alors en matière de conclusion, la même chose que pour ce fameux "goût de l’immortalité" : avec une autre écriture, ce serait un bijou.

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