La blancheur qu’on croyait éternelle

mercredi 11 novembre 2015
par  sylvain
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Lucien est pédiatre, mais il est resté très "old school", perdu dans les films de Trintignant, dans l’attente d’une femme qui lui répondrait "Oui, c’est bien, Carême, aussi".

Certes il s’est fait des amis, Jérôme, Baptiste et Mathieu, mais tout en leur étant très attachés, il ne les comprends pas réellement, il ne partage pas leurs codes, leurs usages aussi simples que les sextos ou les plans drague.

Malgré des études brillantes à HEC, Mathilde était quand à elle devenue vendeuse de chocolat. Initialement pour comprendre la vente de la base (c’est ce que lui avait dit son DRH), puis en fait par goût. Pour pouvoir travailler dans son atelier à la fabrication de nouvelles pralines, plus fondantes, plus croquantes, plus caramélisées que les anciennes. Des pralines qui faisaient rosir les joues des dames gourmandes qui lui passaient commande. Mais surtout, sans envie de devenir chef, ni même responsable d’autre chose que de quelques kilos de chocolat.

Les deux habitaient dans le même immeuble, mais sans se voir, car Mathilde cherchait à se faire discrète et Julien n’aurait jamais osé adresser la parole à une inconnue. Enfin, une inconnue qui pourrait le revoir.

Les mois passent, les solitudes se renforcent. Et le hasard les fait se rencontrer à Deauville.

Ils y sont restés. Ensemble, tellement bien ensemble.


Commentaires

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dimanche 29 novembre 2015 à 20h10 - par  sylvain

Que dire ?

Certaines personnes regrettent le rythme effréné de notre monde, les rapports humains, fussent-ils sexuels, qui se zappent sans que cela ne soit réellement grave pour les protagonistes. Il se sentent inadaptés.

Et bien, oui, ils le sont. Totalement.

Pendant dix-huit siècles, c’est cette lenteur qui était l’acmé des comportements. Les déviants, comme Voltaire, Rabelais, Montaigne, Sade... ne pouvaient survivre que s’ils étaient artistes ou philosophes. Les scientifiques étaient brulés, les commerçants réduits à rendre service à des puissants.

Et puis le monde s’est emballé. On fait la fête en terrasse de cafés, on écoute du Rock au Bataclan, un groupe chasse l’autre, une relation chasse les autres. C’est ce mode de vie que nous défendons actuellement. Une vie riche, mouvementée.

Ce qui manque, c’est un site de rencontre pour ceux qui sont restés sur un tempo lent.

C’est gentiment écrit, mais est-ce que cette interrogation vaut un livre ?

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