Les joueurs

samedi 14 décembre 2013
par  sylvain
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Art a trompé Marion avec Wendy, et depuis, leur mariage bat de l’aile, bien que Marion ait eu une aventure avec Karen. Et la situation empire quand, après le départ pour la vie active des enfants, la crise frappe de plein fouet l’économie du ménage, chômage, augmentation des remboursements des prêts...

Aussi Art décide de jouer son va-tout lors de la Saint-Valentin : emmener Marion à Niagara Falls pour un week-end en amoureux, et en profiter pour appliquer avec les quelques milliers de dollars qu’il leur reste une martingale à la roulette. S’ils gagnent, la situation est résolue, s’ils perdent, ils divorcent, se déclarent en faillite personnelle, et finissent meure vie comme des parias. Alors, autant que ce soit avec panache.

Et donc Art, à grand coups de carte AMEX, organise un week-end de rêve, champagne, restaurants, visites… et table de jeux. Entre intimité, complicité et vieux démons, la relations entre Art et Marion se décante avec l’approche du moment fatidique, celui ou leur sort sera scellé par une petite bille...


Commentaires

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dimanche 15 décembre 2013 à 21h18 - par  sylvain

Un opus très intéressant, et qu’il faut probablement plusieurs jours de décantation pour bien comprendre.

Car il y a plusieurs thèse dans ce récit.

En premier lieu, une description du mode de vie américain, dans lequel on peut en être réduit à avoir tout perdu, à un moment ou tout devrait être payé. Sans raison particulière autre que la crise, le chômage, et l’accumulation de dettes qui ne sont brutalement plus remboursables. La vie est un gambit qui peut être noir. Alors, il reste finalement plus qu’une solution, s’en remettre à un autre gambit, tenter de gagner sur un coup de chance la dignité qu’on risque de perdre.

Dans cet vision, construire est illusoire, la vie est un emprunt.

Mais par ailleurs, ce couple qui se déchire depuis qu’ils ont, chacun de leur côté, découvert la différence entre le sexe et l’amour, découvre à l’occasion de cette tentative désespérée qu’ils ont réussi quelque chose : ils sont là, l’un pour l’autre, pour le pire mais parfois aussi pour le meilleur. Il y aurait donc une sorte de fond à la vie, qui ne serait pas uniquement réductible à la qualité de sa carte AMEX.

Cette opposition, et surtout cette façon de vivre à crédit, pour un Européen, est encore un peu difficile à percevoir, mais un ami qui a vécu quelques années au Canada me l’a décrit comme étant sa plus grande surprise. Alors que nos vieux pays Européen ont inventé des dizaines de formes de propriété foncière, qui s’appliquent à des gens agrippés à leur terre (de Bidochon à l’Eglise), les pays neufs ont donné à chacun une possession totale (jusqu’au centre de la terre, conférer les errements de la production de pétrole et de gaz) de lopins achetés à crédit, et qui en fait sont plus la propriété des banques que de leurs clients.

Mais par ailleurs, les Pères la Pudeur, fondateurs des valeurs américaines, n’ont pas réussi à étouffer sous des procédures ce qui fait le sel des relations humaines, le sexe et la tendresse.

Vous devriez essayer.

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