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	<title>Westhoek Book / Bibargenteuil</title>
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	<description>Site de lecteurs d'Esquelbecq, d'Argenteuil et d'Ailleurs</description>
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		<title>Certaines n'avaient jamais vu la mer</title>
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		<dc:date>2013-02-18T21:58:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvain</dc:creator>


		<dc:subject>Roman</dc:subject>
		<dc:subject>Top de Jackie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous &#233;tions parties, par del&#224; la mer, retrouver des maris que nous ne connaissions pas. Certaines, trop jeunes, &#233;taient encore nubiles, mais ne trouvaient plus &#224; se nourrir, d'autres souhaitaient fuir un pass&#233; qui faisait d'elles des r&#233;prouv&#233;es, la plupart &#233;taient seulement trop pauvres pour continuer &#224; vivre, et les marieuses avaient donn&#233; de belles sommes d'argent pour nos &#226;mes et nos corps. &lt;br class='autobr' /&gt;
La travers&#233;e f&#251;t &#233;prouvante, certaines y trouv&#232;rent l'amour d'un marin, vite oubli&#233;, les autres (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.westhoek-book.fr/spip.php?rubrique334" rel="directory"&gt;Otsuka, Julie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.westhoek-book.fr/spip.php?mot15" rel="tag"&gt;Roman&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.westhoek-book.fr/spip.php?mot76" rel="tag"&gt;Top de Jackie&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.westhoek-book.fr/IMG/logo/arton835.png' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; alt=&#034;&#034; style='max-width: 150px;max-width: min(100%,150px); max-height: 150px' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous &#233;tions parties, par del&#224; la mer, retrouver des maris que nous ne connaissions pas. Certaines, trop jeunes, &#233;taient encore nubiles, mais ne trouvaient plus &#224; se nourrir, d'autres souhaitaient fuir un pass&#233; qui faisait d'elles des r&#233;prouv&#233;es, la plupart &#233;taient seulement trop pauvres pour continuer &#224; vivre, et les marieuses avaient donn&#233; de belles sommes d'argent pour nos &#226;mes et nos corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La travers&#233;e f&#251;t &#233;prouvante, certaines y trouv&#232;rent l'amour d'un marin, vite oubli&#233;, les autres le mal de mer, la crasse, et l'attente angoiss&#233;e de la vie future, regardant sans cesse la photo de ce mari qui nous attendait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e f&#251;t pire : les maris avaient vieilli depuis les photos envoy&#233;es, mais leur vigueur &#233;tait intacte, toute cette nuit de noce pass&#233;e dans des h&#244;tels miteux. Pour d&#233;couvrir que personne, en fait ne nous attendais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors nous dev&#238;nmes des ombres, s&#233;rieuses, travailleuses, dans les champs ou les maisons des am&#233;ricains. Leurs femmes nous appr&#233;ciaient, car nous &#233;tions propres et efficace, leurs maris aussi, car nous apportions une touche d'exotisme &#224; leur sexualit&#233;. Mais jamais nous n'avons &#233;t&#233; accept&#233;es. Ni nous, ni nos enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis arriva la guerre. Et la honte d'&#234;tre l'ennemi, la crainte que nous ne fussions install&#233; que pour servir de guide et de rep&#232;re &#224; des hordes de kamikaze. Nos hommes disparaissaient, parfois, d&#233;nonc&#233;s comme agent infiltr&#233;, puis l'ordre de d&#233;portation arriv&#233;. Et ce que nous avions construit par une vie de labeur, nos champs de fraises, nos &#233;piceries, nous magasins, restaurants, nos relations, nos amants, nos familles dont les cendres reposaient dans les lieux sacr&#233;s, tout dispar&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an apr&#232;s, nous &#233;tions oubli&#233;s de ces lieux ou nous avions v&#233;cu. Au loin, il se disait que des villes japonaises &#233;taient sorties du d&#233;sert.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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