Anéantir

vendredi 7 janvier 2022
par  sylvain
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On est en 2027.

Paul est l’homme de confiance de Bruno, le Ministre de l’industrie qui a réussi à relever l’industrie française lors des deuxième mandat du Président. Celui avec qui il veut parler, après des journées difficiles, ou au retour d’un point avec le Président.

Paul est marié avec Prudence, qu’il a rencontré sur les bancs de l’ENA, mais après une période relativement torride, il ne se passe plus rien. Il vivent en parallèle dans le même appartement.

Alors que la campagne présidentielle allait commencer, la santé du père de Paul s’est brusquement dégradée, rendant nécessaire de le faire héberger dans un établissement spécialisé dans la prise en charge de malades ayant perdu leur autonomie.

Son père retrouve une sorte de vie, essentiellement grâce à Madeleine, sa deuxième épouse après avoir été sa femme de ménage à la mort de la première.

Cette maladie resserre les liens entre Paul et sa soeur, ainsi qu’avec son plus jeune frère, Aurélien, qui ne tarde pas à se suicider, se sentant responsable de l’échec de sa vie.Globalement, cet épisode de sa vie le rapproche de Prudence, et relance l’aspect glandulaire de leur vie de couple.

Puis Paul se découvre un cancer, mais refuse la chirurgie très invasive qui lui est proposée. Les traitements médicamenteux ne fonctionnent pas, Paul se résigne à mourir, et meurt effectivement.


Commentaires

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lundi 10 janvier 2022 à 22h24 - par  sylvain

Le côté positif est que c’est foutrement bien écrit. 750 pages qui se dévorent, se lisent sans hésitations, sans mollir, sans s’ennuyer.

Et puis, une fois l’opus fermé, on se demande ce qu’on a lu.

Certes, une histoire de notre temps, des sortes de bobos qui perdent pieds, tellement affadis par une vie sommes toutes facile qu’ils en perdent le goût de vivre, sous le regard contemplatif de boomers.

Et là, on se dit que c’est une caricature de livre de Houellebecq, comme si il avait non pas écrit un livre, mais "fait du Houellebecq". Avec talent, c’est indéniable, mais pour vendre. Pas pour dire quoi que ce soit.

C’est un peu comme si chaque personnage était taillé sur la mesure du discours habituel de Houellebecq. Les personnages les plus vieux d’abord : Bruno, le vrai grand homme qui ne le sait pas, le découvre, et découvre également que la vie est belle, puis le père et le beau-père boomers qui, après une vie bien remplie, ont le luxe de contempler le monde depuis un endroit ou il est beau. Et Madeleine, qui, bien que n’étant pas du même monde, est finalement l’une des plus sages.

Les personnages de la tranche d’âge intermédiaire, Paul, finalement inutile, Prudence, tout autant, la soeur et le beau-frère, vaguement complotistes, catho et réactionnaires. Aurélien, incapable de décision, qui fuit le bonheur au moment ou il le trouve.

Et deux jeunes femmes, suffisamment intelligentes et débrouillardes pour qu’on ait confiance dans leur avenir, même si le fait que l’une soit immigrée lui crée des difficultés.

Entre tous ces personnages, des relations complexes, dans lesquelles le sexe, comme de juste, joue un rôle important (là, on est d’accord).

Une sorte de comédie humaine dont on peut écrire la fin à la page 50, une fois les personnages présentés. Houellebecq nous avait habitué à mieux.