Le consentement

jeudi 25 février 2021
par  sylvain
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Une fois n’est pas coutume, je vais utiliser le résumé qui est sur le site de Grasset. Il serait en effet inconvenant de traduire avec mes mots personnel une histoire aussi intime.

Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin « impérieux » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.
« Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.


Commentaires

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jeudi 25 février 2021 à 16h54 - par  sylvain

J’avais beaucoup hésité à lire cet opus, le bruit qu’il avait fait ne dénaturant l’espoir de saveur. Et puis, j’ai eu un peu de temps, alors je l’ai ouvert... pour le plus le refermer avant de l’avoir fini.

Parce que c’est très bien écrit. Juste, jamais larmoyant, digne.

Et parce qu’il me tardait d’en connaitre l’oraison, et l’avis actuel de l’autrice sur cette "aventure" qu’elle avait traversé.

Le fait que G. soit un infâme salopard est très bien rendu, et l’autrice ne mélange pas une possible réelle passion entre un adulte et un enfant du comportement de collectionneur et profiteur de G.

Mais parfois, elle y ajoute quelques traces d’excuses qui ne devraient pas être, car G. est un personnage qui a décidé de faire sa vie sur la détresse d’autres personnes, comme d’autres décident de gagner la leur avec l’argent des autres (les financiers), ou avec le travail des autres. Parfois, avec la direction, de conscience ou politique, des autres.

Dans chacune de ces voies, certains échouent et deviennent alors méprisables. D’autres réussissent et ont leur moment de gloire. Dans tous ces cas, ces gloires sont indues, car elle proviennent uniquement d’une habileté à profiter d’une différence de capacité dans un domaine, ici les sentiments, ailleurs le flair, l’intelligence, ou la spiritualité.

Une véritable révolution sexuelle devrait en effet viser à éliminer ce type de prédation (comme 1789 l’a fait pour les privilèges), et serait d’autant plus drôle que ce ne sont pas les têtes qu’on couperait : il faudrait mettre au point un dérivé de la guillotine.

Mais par contre, ce que je ne comprends pas, c’est l’absence de mise en cause des parents : le prédateur n’existe que dès lors que la proie existe.

Et en conséquence, la première des cause de la mésaventure de Mme Spingora est quand même l’incurie de sa mère, et l’égotisme de son père.

Collectivement, nous vilipendons cet homme, qui bien évidemment le mérite. Mais sur les parents, pas un mot. Nous sommes en effet tous parents, alors que très peu d’entre nous sont pédophiles. Et ouvrir la boite de pandore de la "qualité" de l’éducation de parents est probablement trop risqué, peu d’entre nous (probablement aucun, d’ailleurs, si on écoute nos enfants à l’adolescence) n’en réchapperait.

Pourtant, globalement, c’est là qu’est la solution, un véritable débat sur la qualité de parent, sur les pratiques pertinentes et celles qui le sont moins...

C’est vital pour notre société, la plupart des enfants victimes de "violences", comme la consommation effrénée de fast-food, la consommation constante de télévision, l’absence de motivation pour l’école, le sport... ne se plaindront jamais. Mais le monde qu’ils nous préparent est celui de Trump.

Et je vous avoue que je n’ai pas envie que mes petits enfants et arrières petits enfants y vivent.

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